À l’ouverture officielle de la session parlementaire 2026-2027, ce lundi 5 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a livré un discours de responsabilité et d’engagement devant les 147 députés de la première législature de la Ve République. Face à la représentation nationale, il a appelé les élus à privilégier le travail, la discipline, l’efficacité et les résultats au service des citoyens.

Pour le président de l’Assemblée nationale, le mandat parlementaire ne saurait être considéré comme une récompense ou un privilège. « Le peuple ne nous a pas élus pour que nous soyons quelqu’un ; il nous a élus pour que nous fassions quelque chose », a-t-il lancé, invitant ses collègues à mesurer pleinement la portée de la confiance placée en eux par les électeurs.

Dansa Kourouma a notamment insisté sur l’assiduité, le travail parlementaire, la responsabilité et l’exemplarité. Il a appelé les députés à être présents en séance et en commission, à maîtriser les textes soumis à leur examen, à interroger l’action publique et à proposer des solutions répondant aux préoccupations des populations.

Le président de l’Assemblée nationale entend également renforcer le rôle du Parlement dans le contrôle de l’action gouvernementale. Pour lui, ce contrôle ne doit être ni une opposition systématique ni une complaisance de principe, mais un outil destiné à améliorer l’action publique et à garantir une meilleure utilisation des ressources de l’État.

L’un des changements majeurs annoncés concerne justement le passage d’un simple contrôle de conformité à un contrôle de la performance. Les députés devront désormais davantage s’intéresser aux résultats produits par les politiques publiques, à leur coût et à leur impact réel sur les populations.

Dans cette dynamique, le programme Simandou 2040 occupe une place importante. Selon Dansa Kourouma, l’Assemblée nationale devra suivre avec rigueur sa mise en œuvre, notamment en matière de respect des engagements et des calendriers, de transparence dans la gestion des ressources, de contenu local, de création d’emplois pour les jeunes, de protection de l’environnement et de répartition territoriale des retombées.

« Accompagner ne veut pas dire applaudir ; contrôler ne veut pas dire entraver », a-t-il prévenu, précisant que le programme Simandou 2040 « n’appartient ni à un gouvernement ni à une législature : il appartient à la Nation et aux générations qui viennent ».

Autre priorité affichée : rapprocher davantage les députés de leurs électeurs. Le président de l’Assemblée nationale a annoncé que les vacances parlementaires devront désormais être consacrées au retour des élus dans leurs circonscriptions. Ces périodes devront permettre d’écouter les populations, d’expliquer les lois adoptées, de constater les réalités des services publics et de faire remonter les préoccupations du terrain vers l’hémicycle.

Dansa Kourouma a également placé l’évaluation des politiques publiques au cœur de la nouvelle législature. Chaque année, certaines politiques devraient être sélectionnées pour faire l’objet d’évaluations fondées sur des données fiables, des enquêtes de terrain et l’audition des acteurs et bénéficiaires concernés.

La modernisation de l’institution figure aussi parmi les ambitions annoncées. Le président de l’Assemblée nationale a évoqué la transformation numérique de l’administration parlementaire, la dématérialisation progressive de la procédure législative, l’archivage électronique, le suivi numérique des textes et la création d’une plateforme parlementaire interactive destinée à faciliter l’accès des citoyens à l’information.

Sur le plan institutionnel, Dansa Kourouma a appelé les députés à faire de l’Assemblée nationale une institution forte, moderne, ouverte, responsable et efficace. Une institution qui, selon lui, doit « travailler davantage qu’elle ne communique », car « ce n’est pas le bruit que nous ferons qui nous sera compté, mais le bien que nous aurons fait ».

Évoquant les drames survenus durant l’intersession, notamment l’éboulement de la décharge de Dar-es-Salam, le président de l’Assemblée nationale a appelé à tirer les leçons de ces tragédies. « La compassion est un devoir ; elle ne saurait être une politique », a-t-il déclaré, estimant que la répétition des mêmes drames impose désormais des réponses institutionnelles et durables.

Dans son discours, Dr Dansa Kourouma a également rendu hommage au peuple de Guinée, au Conseil national de la Transition et au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour le processus ayant conduit au retour à l’ordre constitutionnel.

Pour cette première session ordinaire de la nouvelle législature, le président de l’Assemblée nationale veut ainsi installer une nouvelle culture parlementaire, fondée sur le travail, la discipline et le respect. Trois valeurs qu’il présente comme indispensables pour restaurer la crédibilité de l’institution et répondre aux attentes des citoyens.

Avec 147 députés et treize commissions permanentes, cette nouvelle Assemblée est désormais appelée à transformer les engagements en actes. Pour Dansa Kourouma, le véritable bilan de cette législature ne se mesurera donc pas à ses discours, mais à sa capacité à produire des lois efficaces, contrôler l’action publique et améliorer concrètement la vie des Guinéens.

AAS