Dans une adresse directe à la nation, le Chef de l’État guinéen est revenu sur le départ à l’étranger de deux anciennes figures majeures de la vie politique nationale, Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale, et Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre.

Face aux interrogations suscitées par leur évacuation sanitaire, le Chef de l’État a choisi de s’adresser directement au peuple guinéen afin de clarifier les circonstances et la portée de cette décision.

D’entrée, il a tenu à rappeler que le cadre judiciaire demeure inchangé. Les deux personnalités ont été poursuivies, jugées et condamnées par la justice guinéenne. Selon lui, ces décisions de justice conservent toute leur autorité et ne font l’objet d’aucune remise en cause.

Le principe demeure donc clairement posé : les fonctions occupées hier ne sauraient placer un citoyen au-dessus de la loi.

Mais, au-delà de la dimension judiciaire, le Chef de l’État a également invoqué une considération d’ordre humain. Informé de l’état de santé des deux anciens responsables et des éléments médicaux portés à sa connaissance, il affirme avoir estimé que leur situation nécessitait une prise en charge adaptée.

C’est dans ce contexte qu’il a autorisé, à titre exceptionnel, leur évacuation vers des établissements de soins à l’étranger.

Cette mesure, a-t-il insisté, ne constitue ni une grâce, ni une amnistie, encore moins un arrangement destiné à remettre en cause les décisions rendues par la justice. Elle répond, selon son explication, à une considération exclusivement sanitaire et humanitaire.

À travers cette décision, le Chef de l’État entend également rappeler sa conception de l’action publique : la fermeté dans l’application de la loi ne devrait pas, selon lui, se transformer en acharnement contre les personnes condamnées.

Il défend ainsi l’idée d’une justice exercée sans haine et d’une sanction qui ne serait pas dictée par le ressentiment.

La lutte contre la mauvaise gestion des ressources publiques, souligne-t-il, doit rester fondée sur l’exigence de responsabilité et non sur une volonté d’humiliation. Pour le Chef de l’État, la construction d’une nouvelle Guinée ne peut reposer sur la rancune ou la recherche permanente de représailles.

Dans cette perspective, la réconciliation nationale occupe également une place importante dans son message. Celle-ci ne signifie pas l’effacement du passé ni l’abandon de la justice, mais plutôt la capacité des Guinéens à tirer les leçons de leur histoire et à se projeter collectivement vers l’avenir, une fois la vérité établie et les responsabilités judiciairement définies.

Au-delà du cas particulier de Damaro Camara et de Kassory Fofana, le Chef de l’État a voulu inscrire son intervention dans une vision plus large de l’avenir du pays.

La Guinée, estime-t-il, entre dans une période décisive qui nécessitera la mobilisation de toutes ses forces vives. L’objectif affiché ne se limite pas aux indicateurs économiques ou à la croissance des chiffres. Il s’agit surtout d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations.

Éducation, santé, accès à l’eau et à l’électricité, emploi et perspectives pour la jeunesse figurent ainsi parmi les priorités mises en avant.

À travers ce message, le Chef de l’État appelle donc à dépasser les divisions et les rancœurs pour concentrer les efforts sur les défis du développement national.

La justice, la responsabilité et l’humanité sont présentées comme devant pouvoir coexister dans la conduite des affaires publiques. Et, au-delà des divergences politiques et des épreuves du passé, c’est autour de la construction du pays que les Guinéens sont appelés à se retrouver.