Un kilo doit réellement peser un kilo. C’est autour de cette exigence que l’Institut Guinéen de Normalisation et de Métrologie (IGNM) a lancé, ce jeudi 17 septembre, une campagne nationale d’évaluation de la conformité des produits aux normes en vigueur et de vérification des instruments de mesure.

Lancée simultanément sur l’ensemble du territoire national, cette opération va s’étendre sur un mois. À Conakry, les équipes de l’IGNM ont sillonné plusieurs points de vente, notamment l’abattoir de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, le marché de Kenien à Dixinn et le marché Niger à Kaloum.
L’objectif est de renforcer la fiabilité des instruments utilisés dans les transactions commerciales, mais aussi de sensibiliser les vendeurs et les consommateurs sur l’importance de l’exactitude des poids et mesures. Le TDR de la campagne prévoit notamment le contrôle des balances, bascules, dynamomètres et autres instruments de mesure utilisés dans les marchés, abattoirs, sociétés de pêche et débarcadères.
À Kakimbo, les bouchers accueillent favorablement l’initiative
À l’abattoir de Kakimbo, le contrôle des balances a été au centre de l’intervention des agents de l’IGNM. Pour les professionnels de la viande, la fiabilité des instruments de pesage constitue un enjeu direct dans leurs rapports avec les clients.
Thierno Bella Bah, président des bouchers de la commune de Ratoma, se réjouit de cette opération. « Aujourd’hui, je suis vraiment content de la visite des cadres de l’IGNM à l’abattoir de Kakimbo. »

Pour lui, la régularisation des instruments de pesage permettra de limiter les écarts et de garantir au client la quantité correspondant au prix payé.
« Quand un citoyen achète un kilo de viande, ce doit être un vrai kilo. »
Le responsable des bouchers affirme par ailleurs que certaines anciennes balances pouvaient présenter des écarts importants. « Avec certaines bascules défectueuses que nous avions ici, nous constations parfois des écarts allant de 7 à 8 kilos. »
Thierno Bella Bah salue également la perspective d’un suivi régulier des équipements.
« Ils nous ont annoncé qu’un contrôle sera effectué tous les six mois au niveau des abattoirs. »
L’IGNM veut renforcer la protection du consommateur
Pour Djoumé Sangaré, directeur général de l’Institut Guinéen de Normalisation et de Métrologie, cette campagne répond à plusieurs préoccupations liées à la qualité, à la protection des consommateurs et à la compétitivité des entreprises.
L’opération comporte notamment un volet consacré à l’évaluation de la conformité des produits et un autre portant sur les instruments de mesure.
« L’objectif visé, c’est de protéger nos consommateurs, produire de la qualité et accompagner la production locale. »

Le responsable de l’IGNM estime que l’amélioration de la qualité doit également permettre aux produits guinéens de mieux répondre aux exigences du marché. « Cela va permettre davantage de compétition à l’échelle nationale et internationale. »
Selon les responsables, la campagne vise effectivement à protéger la santé et la sécurité des consommateurs, garantir la loyauté des transactions commerciales et relever le niveau de compétitivité des entreprises guinéennes.
Mais les premiers contrôles ont également révélé des insuffisances dans certains endroits.
« À des endroits, on a 10 instruments contrôlés, on a trouvé 2 conformes sur 8, et ça ce n’est pas bien », explique le directeur général.
Pour l’IGNM, la campagne ne constitue donc pas une opération ponctuelle sans suite. Les instruments non conformes doivent être retirés du circuit et les utilisateurs sensibilisés.
« Le respect de la norme est non négociable », insiste Djoumé Sangaré.
La campagne, précise-t-il, va se poursuivre pendant un mois sur toute l’étendue du territoire national.
« La majeure partie des instruments contrôlés sont conformes »
Sur le terrain, les équipes techniques procèdent à des vérifications précises des appareils utilisés par les commerçants.
Momo Soumah, chef de service Métrologie légale à l’IGNM, explique que les instruments contrôlés à Kakimbo sont des appareils de pesage à fonctionnement automatique et à indication analogique.
« Ce sont des instruments qui servent à déterminer le poids des corps et l’indication est analogique. Vous voyez les chiffres, l’aiguille, quand vous mettez le poids, l’aiguille se déplace et ça indique le poids. »
Selon lui, ces équipements correspondent aux besoins actuels du commerce.
« Présentement, ces instruments répondent aux réalités parce que les instruments qui étaient avant, les Roberval, on ne les utilise plus. Aujourd’hui, c’est les instruments automatiques que nous utilisons. »
À Kakimbo, environ une trentaine d’instruments ont été contrôlés, selon le responsable technique. Plusieurs équipements non conformes ont été retirés.
« Le constat est bon parce que la majeure partie des instruments contrôlés sont conformes. Et ceux qui ne sont pas conformes, on les a retirés. »
Momo Souma précise que l’opération ne se limite toutefois pas au retrait des équipements défectueux. Les utilisateurs doivent également être accompagnés et sensibilisés afin qu’ils puissent disposer d’instruments appropriés.
« On va continuer à les sensibiliser pour qu’on leur donne de bons instruments, qu’on continue à faire le même travail. »
Sensibiliser autant les vendeurs que les consommateurs
Au-delà du contrôle technique, l’IGNM entend également expliquer aux utilisateurs et aux acheteurs les bonnes pratiques liées aux instruments de mesure.
Selon Momo Souma, cette sensibilisation est nécessaire puisque les utilisateurs comme les consommateurs ne maîtrisent pas toujours les caractéristiques et le fonctionnement des appareils. « Ceux qui utilisent les instruments ne sont pas aussi professionnels. Ceux qui achètent aussi ne sont pas professionnels. »
L’objectif est donc de permettre à chaque partie de mieux comprendre ses droits et ses responsabilités dans une transaction basée sur le poids ou la mesure.
Cette orientation figure parmi les objectifs spécifiques de la campagne, qui prévoit de sensibiliser les corporations sur l’importance de l’exactitude des mesures et d’amener les détenteurs d’instruments à utiliser des équipements homologués.
Des vignettes pour distinguer les instruments conformes
Le dispositif prévoit enfin une identification claire des instruments contrôlés. Selon le TDR, les appareils reconnus conformes reçoivent une vignette verte ainsi qu’un certificat de vérification. Les instruments déclarés non conformes reçoivent, eux, une vignette rouge et sont mis hors service.
À terme, l’IGNM veut parvenir à une meilleure conformité des instruments utilisés dans les échanges commerciaux et renforcer la transparence entre vendeurs et acheteurs.
Pendant un mois, les équipes de l’IGNM vont donc poursuivre leurs contrôles et leurs séances de sensibilisation à travers le pays. Une campagne dont l’enjeu, derrière les chiffres affichés sur une balance, reste très concret : faire en sorte que le poids annoncé au consommateur corresponde réellement à la quantité qu’il reçoit.
Salambandé pour eclatinfogn.com




