La Guinée veut transformer les revenus tirés de ses immenses ressources naturelles en un patrimoine durable au service de son développement. Le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a lancé ce mercredi un atelier de restitution consacré aux travaux préparatoires à la création du Fonds souverain de Guinée.

La rencontre a été présidée par le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de hauts cadres de l’administration, de représentants du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040, qui prévoit la mise en œuvre de 122 mégaprojets et 36 réformes, avec plus de 200 milliards de dollars d’investissements annoncés pour accompagner la transformation économique et sociale du pays.
Trois missions pour le futur Fonds souverain
Le futur Fonds souverain de Guinée reposera sur trois grandes missions : financer le développement, stabiliser l’économie et constituer une épargne pour les générations futures. L’ambition des autorités est de faire en sorte que les revenus issus des ressources naturelles, notamment minières, puissent être transformés en investissements durables et en retombées concrètes pour les populations. Ces ressources devraient notamment contribuer au financement des infrastructures et au développement de secteurs prioritaires tels que l’agriculture, l’élevage et la pêche, tout en favorisant l’amélioration de l’accès à l’électricité, à l’eau, aux routes et aux autres infrastructures essentielles.

Pour le Directeur général du Fonds spécial d’investissement, Ibrahima Kalil Gueye, l’atelier constitue une étape importante dans le processus de mise en place de cette institution. Les travaux préparatoires ont été conduits avec l’appui de cabinets-conseils, des services techniques de l’administration publique et des partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Selon lui, la mise en place du Fonds souverain nécessite un cadre institutionnel, juridique, financier et opérationnel conforme aux standards internationaux applicables à ce type d’institution.
Les études réalisées ont notamment porté sur la faisabilité juridique du fonds, les modèles internationaux de référence, son architecture institutionnelle, son modèle financier, sa gouvernance, sa politique d’investissement et son dispositif de gestion des risques. Au total, neuf livrables techniques doivent accompagner le processus de création et d’opérationnalisation du Fonds souverain de Guinée.
Transformer les richesses du sous-sol en richesse durable
Prenant la parole, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a présenté la création de cette institution comme un acte majeur pour l’avenir économique de la Guinée. Selon elle, le pays entend rejoindre les nations qui ont fait le choix de transformer leurs ressources naturelles en richesses durables pour leurs populations. Face à l’importance des réserves minières dont dispose la Guinée, la question centrale est désormais celle de l’utilisation des revenus générés par leur exploitation et de leur impact réel sur les conditions de vie des citoyens. Pour la ministre, le Fonds souverain devra permettre de répondre à cette préoccupation en orientant une partie de la richesse nationale vers le développement du pays et la préparation de l’avenir.

Avec l’entrée en phase opérationnelle du projet Simandou et les importantes perspectives économiques qui s’ouvrent au pays, Mariama Ciré Sylla estime que la Guinée dispose d’une opportunité majeure pour consolider sa trajectoire de développement.
Les revenus générés par les ressources naturelles devront ainsi contribuer au financement des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’emploi, notamment pour les jeunes générations. Le fonds devra également jouer un rôle de stabilisateur face à la volatilité des cours des matières premières, afin de protéger les finances publiques contre les chocs économiques. Sa troisième mission consistera à préserver une partie des ressources pour les générations futures.
Amadou Oury Bah appelle à la discipline et à la transparence
Présidant la rencontre, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la responsabilité qui accompagne la création du Fonds souverain de Guinée. « Chaque revenu tiré des ressources épuisables devra contribuer à l’édification d’un patrimoine durable », a-t-il notamment souligné. Pour le chef du Gouvernement, les ressources attendues du projet Simandou ne devront pas être absorbées uniquement par les besoins immédiats.
Elles devront, selon lui, contribuer à la diversification de l’économie, au renforcement de la capacité d’investissement du pays, à la résilience face aux chocs économiques et à la constitution d’une richesse durable au profit des générations futures. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de mettre en place une gouvernance solide et transparente.Le futur Fonds souverain devra reposer sur des règles claires concernant son alimentation et les conditions de retrait des ressources. Ses organes de gouvernance devront offrir des garanties de compétence, d’indépendance et de responsabilité.

Amadou Oury Bah a également appelé à des décisions d’investissement fondées sur des critères stricts de rentabilité, de sécurité, de diversification et d’impact économique. La gestion du fonds devra, a-t-il indiqué, faire l’objet d’une information publique régulière, d’audits indépendants et d’un contrôle institutionnel effectif.
Une pièce maîtresse de Simandou 2040
Au-delà de sa dimension technique, le Fonds souverain de Guinée apparaît comme l’un des instruments appelés à accompagner la stratégie de transformation économique portée par les autorités. Inscrit parmi les projets de la première vague du programme Simandou 2040, il devra permettre de donner une vision de long terme à la gestion des revenus issus des ressources naturelles. À l’issue de cet atelier de restitution, les différentes parties prenantes devront consolider les travaux déjà réalisés, recueillir les observations nécessaires et préciser les orientations qui permettront l’opérationnalisation du fonds.
Pour les autorités guinéennes, l’enjeu est désormais de taille : faire en sorte que les richesses du sous-sol ne profitent pas uniquement au présent, mais qu’elles deviennent un véritable patrimoine économique capable de soutenir durablement le développement, la stabilité et l’avenir des générations guinéennes.
AAS




