Le quartier Cacia 2, dans la commune urbaine de Kindia, s’est réveillé dans la douleur ce vendredi 4 septembre 2026. Un violent orage survenu au cours de la nuit a coûté la vie à Nouha Kamano, âgé de 45 ans. Père de famille, l’homme aurait été frappé par la foudre aux environs de 2 heures du matin, alors qu’il se trouvait à proximité de son domicile.

Quelques heures après le drame, l’émotion reste vive dans le quartier. Voisins, proches et membres de la famille peinent encore à comprendre la disparition brutale de cet homme.
Selon les témoignages recueillis auprès de ses proches, Nouha Kamano avait passé une partie de la soirée avec son père. Alors que la pluie commençait à s’intensifier, il aurait demandé à celui-ci de rentrer à l’intérieur de la maison.
Son père, Faya Kamano, se souvient avec émotion de ces derniers instants. « C’est mon premier fils, il est âgé de 45 ans. Après avoir quitté le boulot, nous étions assis dehors tard dans la nuit. Lorsqu’il m’a trouvé, il m’a dit : “Papa, tu ne rentres pas dans la maison ?” Je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Il m’a dit qu’il y avait plusieurs personnes habillées sur la route. Je lui ai dit que je craignais pour lui parce que c’est lui qui marche beaucoup. »
Alors que l’orage gagnait en intensité, Nouha Kamano aurait pris soin de mettre les chaises qui se trouvaient à l’extérieur à l’abri. Lui-même serait ensuite resté derrière la maison.
Son père raconte avoir finalement rejoint le salon avant de s’endormir. Quelques minutes plus tard, le bruit de la pluie le réveille. Puis survient un puissant coup de tonnerre. « Il a insisté pour que je rentre dans la maison. C’est ainsi qu’il a pris toutes les chaises pour les faire rentrer, aux environs de 2 heures du matin. Pourtant, lui était caché derrière la maison. Moi, je suis rentré au salon et je me suis endormi. C’est le bruit de la pluie qui m’a réveillé. J’ai ensuite entendu un grand bruit de foudre. »
Peu après, la mère de Nouha vient frapper à la porte de son père pour lui annoncer la terrible nouvelle. « Sa maman est venue frapper à ma porte pour m’annoncer la mort de mon enfant. Je lui ai dit d’arrêter de mentir et de plaisanter. Elle m’a répondu que c’était la vérité. J’ai paniqué et je me suis demandé comment il était décédé. »
Faya Kamano se rend alors à l’endroit où se trouve son fils. Il le retrouve sans vie. « Je suis parti trouver le corps. Je l’ai appelé à plusieurs reprises : “Nouha ! Nouha !” J’ai demandé à sa femme ce qui lui était arrivé. Elle m’a dit qu’elle était couchée et que son mari avait dit qu’il allait se coucher là-bas. C’est ainsi qu’elle a entendu son cri, une seule fois. »
Le téléphone de la victime aurait également été retrouvé à proximité de son corps.
Un cri, puis plus rien
L’épouse de Nouha Kamano, Rouguiatou Conté, décrit elle aussi les dernières secondes avant la tragédie. Selon son témoignage, son mari se trouvait au sol pendant la pluie lorsqu’un violent bruit a retenti. « Mon mari était couché au sol lorsqu’il pleuvait. Dans un court moment, j’ai entendu un grand bruit avec son cri. Je me suis subitement précipitée vers lui. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas, mais il ne parlait pas. J’ai couru pour appeler sa maman. C’est ainsi que sa maman l’a trouvé déjà mort. »
À 45 ans, Nouha Kamano laisse derrière lui une famille profondément meurtrie. Avec son épouse, ils avaient quatre enfants, dont l’un est malheureusement décédé. Dans le quartier Cacia 2, cette disparition brutale vient raviver les inquiétudes liées aux violents épisodes orageux qui frappent régulièrement Kindia pendant la saison des pluies.
La dépouille de Nouha Kamano devait être inhumée ce vendredi 4 septembre, après la prière de 16 heures.
Moussa Kollet depuis Kindia pour eclatinfogn.com




