CONAKRYEn annonçant la création de deux nouvelles régions administratives et de onze préfectures, le président Mamadi Doumbouya ne présente pas la réforme comme une simple réorganisation territoriale. Dans son message de vendredi soir, le chef de l’État l’a directement reliée à l’évolution démographique de la Guinée et à sa vision d’un développement socio-économique plus proche des populations, portée notamment par le programme Simandou 2040.

17 521 167 habitants. C’est à partir de cette nouvelle réalité démographique que Mamadi Doumbouya explique la nécessité d’adapter l’organisation administrative du pays. Dans son message publié vendredi soir, le président de la République revient sur la création des nouvelles régions administratives de Siguiri et Beyla, ainsi que des onze nouvelles préfectures, en insistant sur la croissance de la population guinéenne révélée par le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation.

Pour le chef de l’État, cette réforme répond avant tout à une nécessité : celle de rapprocher l’administration des citoyens. « Cette décision n’est pas une simple mesure administrative. Elle répond à une réalité que je connais bien : celle de nos populations, dont le nombre a considérablement augmenté. »

Les données du RGPH-4 établissent désormais la population guinéenne à 17 521 167 habitants, un chiffre qui, selon le président, impose une adaptation des instruments administratifs et des capacités de l’État à répondre aux besoins des populations.

« Une administration présente, proche, à l’écoute »

Pour Mamadi Doumbouya, l’enjeu ne se limite donc pas à l’augmentation du nombre de régions et de préfectures. Il s’agit surtout de renforcer la présence de l’État sur le territoire et de réduire la distance entre l’administration et les citoyens.

« Une Guinée de plus de 17,5 millions d’habitants mérite une administration présente, proche, à l’écoute. »

Le président promet également une mise en place rapide des nouvelles autorités administratives, affirmant qu’aucune des populations concernées ne devra rester dans une situation d’incertitude.

« La mise en place des nouvelles autorités sera une priorité absolue des prochaines semaines. »

Cette présence accrue de l’État, poursuit-il, devra se traduire concrètement dans les services publics, la sécurité et l’accompagnement quotidien des citoyens.

« Là où l’État grandit, l’État doit être présent : dans les services, dans la sécurité, dans l’accompagnement de votre quotidien. »

Le découpage territorial relié à Simandou 2040

Au-delà de la dimension administrative, Mamadi Doumbouya inscrit explicitement cette réforme dans sa vision du développement économique et social à long terme.

Le chef de l’État rattache ainsi le nouveau découpage à l’ambition portée par le programme Simandou 2040, présenté comme le cadre de transformation socio-économique du pays pour les prochaines années. Le programme officiel se définit comme un plan d’émergence à quinze ans pour la Guinée.

Dans cette perspective, le président défend un développement qui ne se concentre pas uniquement au sommet ou dans les grands centres urbains, mais qui repose également sur les territoires et les populations à la base.

« Cette réforme incarne ma vision d’un développement socio-économique durable et responsable à la base, portée par le programme Simandou 2040 : rapprocher le pouvoir du peuple, pas l’éloigner de lui. »

À travers cette déclaration, Mamadi Doumbouya donne ainsi une dimension plus large à la création des nouvelles régions et préfectures. Le nouveau découpage administratif apparaît comme un outil destiné à accompagner une Guinée démographiquement plus importante, mais aussi à créer les conditions d’une meilleure territorialisation de l’action publique et du développement économique.

AOD