À Lambanyi, dans la commune de Ratoma, la saison des pluies bouleverse le quotidien des conducteurs de taxi-moto. Baisse de la clientèle, difficultés de circulation et recettes journalières difficiles à atteindre : ces travailleurs du secteur du transport urbain font face à une période particulièrement éprouvante.
Dans plusieurs quartiers de Conakry, les fortes pluies perturbent les déplacements et réduisent considérablement l’activité des conducteurs de taxi-moto. De nombreux passagers préfèrent désormais emprunter les taxis-voitures, notamment lorsque les précipitations sont importantes.
Pour Bienvenue Lamah, conducteur de taxi-moto à Lambanyi, la différence entre la saison sèche et la saison pluvieuse est particulièrement visible. « Actuellement, c’est vraiment difficile. Pendant la saison sèche, on gagnait une certaine somme, mais ce n’est pas la même chose pendant la saison pluvieuse. Avec la pluie, les gens préfèrent prendre les taxis-voitures. Il n’y a que quelques personnes qui prennent les taxis-motos », témoigne-t-il.
La situation est encore plus compliquée pour les conducteurs qui utilisent des motos appartenant à des propriétaires privés. Ces derniers doivent s’acquitter d’une recette fixée à l’avance, même lorsque les conditions météorologiques réduisent fortement leurs revenus. « Quand tu travailles pour quelqu’un, chaque fin de semaine, tu dois donner 250 000 francs guinéens. Imagine que tu n’arrives même pas à gagner 30 000 francs par jour », explique Bienvenue Lamah.
La pluie, un frein direct à l’activité
Au-delà de la baisse de la clientèle, les fortes précipitations peuvent contraindre les conducteurs à abandonner momentanément leur activité. Les routes deviennent difficiles à pratiquer et les risques liés aux déplacements augmentent.
Mouhamed Baga, lui aussi conducteur de taxi-moto, décrit un quotidien marqué par l’incertitude.« La pluie nous fatigue. Parfois, quand il pleut fortement, nous ne pouvons pas travailler. Quand il pleut jusqu’au soir, tu ne peux aller nulle part. Quand ça se calme, on peut sortir pour chercher des clients, mais trouver un client devient tout à fait difficile », souligne-t-il.
Des recettes qui ne tiennent pas toujours compte de la météo
Pour les conducteurs travaillant avec des motos appartenant à des patrons, la principale difficulté reste le respect des recettes quotidiennes.
Selon Mouhamed Baga, certains propriétaires continuent d’exiger leur recette habituelle, malgré les journées durant lesquelles les chauffeurs ne peuvent pas travailler en raison de la pluie.« Les patrons achètent des motos et les donnent aux chauffeurs pour qu’ils donnent une recette chaque jour. Ils ne calculent pas s’il a plu ou non. C’est l’heure de la recette, ils la réclament. Si tu passes un ou deux jours sans payer et que tu les appelles pour expliquer la situation, ils peuvent te parler mal en disant qu’ils ont seulement besoin de leur recette », déplore-t-il.
Un secteur fragilisé par la saison pluvieuse
À Lambanyi, les conducteurs de taxi-moto se retrouvent ainsi confrontés à un double défi : une clientèle en baisse et des charges financières qui restent pratiquement inchangées.
Alors que les pluies continuent de perturber les activités économiques à Conakry, ces conducteurs souhaitent davantage de compréhension de la part des propriétaires de motos. Pour eux, les conditions météorologiques devraient être prises en compte dans la fixation des recettes, afin d’éviter que les chauffeurs ne travaillent à perte.
La saison des pluies apparaît ainsi comme une période particulièrement difficile pour une catégorie de travailleurs dont les revenus dépendent directement du nombre de courses effectuées chaque jour.
Mariame Traoré pour eclatinfogn.com




