Le nouveau Bureau national du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a été officiellement installé ce samedi, en présence de diplomates, de représentants des organisations syndicales, de professionnels des médias et de plusieurs cadres de l’administration publique. À cette occasion, le secrétaire général du SPPG, Sékou Jamal Pendessa, a décliné les grandes orientations de son nouveau mandat, placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité et de la défense des intérêts des travailleurs des médias.

Prenant la parole lors de la cérémonie officielle d’installation, Sékou Jamal Pendessa a donné le ton de ce nouveau mandat en lançant un message clair aux membres du Bureau national : « Nous avons été élus pour servir, et non pour être servis. »

Pour le secrétaire général réélu, cette nouvelle responsabilité doit avant tout rapprocher les dirigeants syndicaux de la base et des préoccupations quotidiennes des professionnels des médias.

Le nouveau mandat du SPPG est placé sous le thème : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne ». Une orientation que Pendessa présente non pas comme un simple slogan, mais comme « une vision », « un appel » et surtout « une responsabilité partagée ».

Selon lui, le renouveau de la presse guinéenne ne peut être porté par le seul syndicat. Il doit mobiliser les autorités publiques, les employeurs des médias, les journalistes, les organisations professionnelles, les partenaires techniques et financiers ainsi que les citoyens.

La réouverture des médias fermés au cœur des priorités

Dans son discours, le secrétaire général du SPPG a notamment plaidé pour la reprise du dialogue entre les autorités et les acteurs des médias. Il a exprimé l’espoir de voir rouvrir les médias encore fermés, afin de permettre à des centaines de professionnels de retrouver leur emploi et leur place dans le paysage médiatique.

Sékou Jamal Pendessa a également appelé à faire toute la lumière sur les disparitions de ses confrères Habib Marouane Camara et Sansy Keita, ainsi que sur celle du père du journaliste Mamoudou Babila Keita.

« Nous renouvelons notre appel afin que les enquêtes progressent avec diligence », a-t-il déclaré, estimant que cette démarche est nécessaire dans l’intérêt des familles, de la justice et de l’État de droit.

La Convention collective, une priorité majeure

Autre chantier annoncé : l’adoption de la Convention collective de la presse. Le SPPG entend en faire l’une des priorités majeures de son nouveau mandat.

Face aux inquiétudes exprimées par certains employeurs, Pendessa a voulu rassurer. Le syndicat, assure-t-il, ne mène « aucune croisade contre les entreprises de presse ».

L’objectif serait plutôt de parvenir à un cadre permettant de protéger les droits des travailleurs tout en préservant la viabilité économique des entreprises de médias.

« Un salarié correctement rémunéré, protégé socialement, bien formé et respecté est plus motivé, plus productif et davantage engagé au service de son entreprise », a-t-il défendu.

La protection sanitaire des journalistes au centre des préoccupations

Le secrétaire général du SPPG a également tiré la sonnette d’alarme sur les conditions sanitaires des professionnels des médias.

Il a déploré le fait que certains journalistes et techniciens, confrontés à la maladie, soient contraints de solliciter publiquement l’aide des citoyens à travers les réseaux sociaux pour financer leurs soins.

Pour le syndicat, chaque professionnel des médias doit pouvoir accéder à des soins dans la dignité. Le SPPG entend donc poursuivre son plaidoyer en faveur de la mise en place d’un mécanisme national de protection sanitaire dédié aux professionnels des médias.

Formation, investigation et moralisation de la profession

Au cours des cinq prochaines années, le SPPG entend également renforcer la formation continue des journalistes et techniciens, promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux et poursuivre les actions de moralisation de la profession.

Le syndicat souhaite par ailleurs rechercher des mécanismes de financement en faveur du journalisme d’investigation, présenté comme un outil essentiel pour renforcer la transparence et la bonne gouvernance.

Le renforcement des relations internationales du SPPG figure également parmi les priorités annoncées. À ce titre, Pendessa a salué l’accompagnement du PNUD, du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et des autres partenaires ayant contribué à la formation de professionnels des médias dans les différentes régions du pays et dans la zone spéciale de Conakry.

« Nous ne promettons pas des miracles »

Réélu par les congressistes le 25 juin dernier, Sékou Jamal Pendessa a reconnu l’ampleur de la responsabilité qui incombe au nouveau Bureau national.

« Nous ne promettons pas des miracles. Nous promettons du travail », a-t-il martelé, en promettant également écoute, disponibilité et défense des intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs des médias.

Il a rendu hommage au Bureau national sortant, dont le bilan des cinq dernières années, selon lui, a permis de renforcer la crédibilité et l’indépendance du SPPG et de porter la voix des professionnels des médias en Guinée comme à l’international.

À l’endroit des journalistes, il a appelé à préserver l’unité et la solidarité au sein de la profession, au-delà des sensibilités et des différences.

Dialogue avec les autorités, vigilance sur les libertés

Dans son adresse, le secrétaire général du SPPG a enfin tendu la main aux autorités guinéennes, tout en réaffirmant la mission de vigilance du syndicat.

« Le SPPG restera un partenaire républicain, responsable et constructif », a-t-il déclaré, précisant que le dialogue sera privilégié chaque fois que l’intérêt supérieur de la Nation l’exigera.

Mais cette disponibilité au dialogue, prévient-il, ne signifie pas renoncer à la défense des libertés fondamentales.

Lorsque les droits des journalistes ou la liberté de la presse seront menacés, le SPPG entend continuer à jouer pleinement son rôle, « avec responsabilité et dans le strict respect des lois de la République ».

Pour les cinq prochaines années, Sékou Jamal Pendessa entend ainsi placer son action à la croisée de deux exigences : le dialogue avec les autorités et la vigilance dans la défense de la liberté de la presse.

AAS