À Dabis, dans la préfecture de Boké, un nouveau feuilleton judiciaire s’ouvre autour de l’installation de l’exécutif communal. Deux citoyens, Aboubacar Compo et Ibrahima Kalissa, ont saisi le Tribunal de Première Instance (TPI) de Boké pour contester l’élection du premier vice-maire, estimant qu’elle serait intervenue en violation d’une décision de justice rendue avant le scrutin communal.
Au centre de cette affaire figure le jugement n°13 du 4 mai 2026 rendu par le Tribunal de Première Instance de Boké. Selon cette décision, la candidature d’Ibrahima Moghère Bah aux élections communales dans la commune rurale de Dabis avait été invalidée. Le tribunal avait également ordonné son remplacement par un autre candidat figurant sur la liste du Mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD).

Estimant que cette décision n’a pas été exécutée, Aboubacar Compo, tête de liste du Mouvement Dabis Langni (MDL), et Ibrahima Kalissa, représentés par leur conseil, ont introduit une nouvelle requête devant le TPI de Boké. Ils demandent notamment à la juridiction de constater l’autorité du jugement du 4 mai 2026 et d’apprécier les conséquences juridiques de l’élection d’Ibrahima Moghère Bah au poste de premier vice-maire.
Les pièces consultées par Éclat Médias montrent également que plusieurs correspondances avaient été adressées aux autorités concernées afin d’obtenir l’exécution du jugement avant l’installation du conseil communal. Ces documents portent notamment des cachets attestant de leur réception par les services compétents, dont celui du Directeur régional des élections de Boké, le 26 juin 2026, ainsi que par d’autres autorités administratives.

La Direction régionale des élections renvoie vers le service de communication
Dans le souci de recouper les informations contenues dans le dossier, Éclat Médias a contacté dans la nuit de ce dimanche Ousmane Tanou Diallo, Directeur régional des élections de Boké.
Interrogé sur les raisons ayant permis à Ibrahima Moghère Bah de participer au scrutin puis d’être élu, alors qu’un jugement aurait invalidé sa candidature auparavant, le responsable a d’abord déclaré : « La DGE n’est pas le Tribunal. La DGE ne participe pas aussi à l’installation des conseillers communaux. Les élections sont terminées. Pourquoi ne vous rendez-vous pas à Dabis pour recouper ? »
Nous lui avons alors indiqué que cette démarche de recoupement concernait également son institution, organisatrice des élections communales du 31 mai dernier. En réponse, le Directeur régional a déclaré : «Vous savez, la DGE a un service communication. Adressez-vous à l’équipe de communication. On va arrêter là, Monsieur Diallo. »
À ce stade, le Tribunal de Première Instance de Boké ne s’est pas encore prononcé sur cette nouvelle requête. Sa future décision sera déterminante pour apprécier la portée juridique du jugement du 4 mai 2026 et ses éventuelles conséquences sur la composition de l’exécutif communal de Dabis.
Nous y reviendrons !
AOD




