La gestion du portefeuille de l’État franchit une nouvelle étape en Guinée. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget annonce avoir mobilisé 1 337 milliards de francs guinéens de dividendes, un niveau inédit qui dépasse, pour la première fois, les prévisions inscrites dans la Loi de finances.

Cette performance marque un tournant dans la politique de valorisation des participations publiques. Longtemps considérée comme un simple détenteur d’actifs, l’État entend désormais adopter une gestion plus dynamique de son portefeuille, axée sur la performance, la gouvernance et la création de valeur.
Une mobilisation inédite des dividendes
Selon les données communiquées par le département, les dividendes effectivement recouvrés sont passés de 400,8 milliards de GNF en 2024 à 893 milliards en 2025, avant d’atteindre 1 337 milliards de GNF en 2026.

Ce résultat dépasse de 19 milliards de francs guinéens les prévisions de la Loi de finances, fixées à 1 318 milliards de GNF, portant ainsi le taux d’exécution à 101,4 %. Il s’agit de la première fois que les recettes issues des participations de l’État excèdent les objectifs budgétaires.
Une stratégie de recouvrement renforcée
Le ministère attribue cette progression à un dispositif de suivi mis en place ces derniers mois. Cette démarche s’inscrit notamment dans le prolongement des orientations données par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui avait demandé aux entreprises publiques, aux sociétés d’économie mixte ainsi qu’aux entreprises où l’État détient une participation minoritaire de s’acquitter de leurs obligations avant le 30 juin 2026.

Pour atteindre cet objectif, une commission dédiée au recouvrement des dividendes a été installée sous la coordination de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla. La Direction générale du patrimoine de l’État et des investissements privés (DGPEIP) a assuré le suivi technique des opérations, tandis que la Société guinéenne du patrimoine minier (SOGUIPAMI) a facilité le recouvrement des dividendes, notamment dans le secteur minier.
Une première politique actionnariale en préparation
Au-delà des résultats financiers enregistrés cette année, les autorités engagent une réforme plus profonde de la gouvernance des participations publiques.

Le ministère a officiellement lancé les travaux devant conduire à l’élaboration de la première politique actionnariale de l’histoire de la Guinée. Cette réforme est menée avec l’appui d’un cabinet international, dont la première mission a permis de réaliser un diagnostic du portefeuille public.
L’objectif est de définir un cadre clair pour l’action de l’État actionnaire, d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques, de renforcer le suivi de leurs performances, d’encadrer les décisions relatives aux investissements, aux désinvestissements et à la distribution des dividendes, tout en optimisant la valorisation des actifs stratégiques du pays.
Vers une modernisation de la gestion des actifs publics
En parallèle, la Direction générale du patrimoine de l’État et des investissements privés poursuit également l’évaluation des Établissements publics administratifs (EPA). Les conclusions de cette revue devraient prochainement être transmises aux plus hautes autorités sous forme d’un rapport assorti de recommandations stratégiques.

À travers ces différentes réformes, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget affiche sa volonté de moderniser durablement la gestion du patrimoine public, avec l’ambition de faire des participations de l’État un véritable levier de croissance économique, de création de valeur et de renforcement de la souveraineté financière de la Guinée.
AOD




