Conakry a accueilli ce mercredi la cérémonie officielle de lancement du Projet de Transformation du Système de Santé (PT2S), une initiative ambitieuse dotée d’un financement de 95 millions de dollars destinée à améliorer durablement l’offre de soins en Guinée.

Placée sous la présidence des autorités gouvernementales et en présence des partenaires techniques et financiers, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la Banque mondiale, du système des Nations unies ainsi que des acteurs du secteur de la santé.
Dans son intervention, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Khaïté Sall, a rappelé que la réussite de cette réforme ne dépendra pas seulement des financements mobilisés, mais surtout de leur impact concret sur la vie des populations.
« Un système de santé ne se transforme pas par des discours. Il se transforme dans une salle d’accouchement des districts à 3 heures du matin, lorsqu’une sage-femme bien formée, bien équipée et bien soutenue accomplit le bon geste au bon moment », a-t-elle déclaré.

Selon la ministre, le PT2S s’inscrit dans la vision du programme Simandou 2040, qui place le développement du capital humain au cœur de la transformation nationale. Le projet bénéficiera d’un financement de 85 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale et d’un don de 10 millions de dollars du Mécanisme de financement mondial (GFF).
Prévu sur cinq ans, jusqu’en 2029, le programme couvrira l’ensemble des régions du pays avec une attention particulière accordée aux régions de Kankan, Kindia, Labé et Faranah, où les indicateurs de santé maternelle et infantile demeurent préoccupants.
L’objectif affiché est de renforcer les soins de santé primaires, améliorer la qualité des services, accroître l’accès aux soins pour les populations vulnérables et réduire les inégalités territoriales. Les femmes enceintes, les nouveau-nés, les enfants et les adolescents figurent parmi les principales cibles du projet.
Prenant la parole au nom du Groupe de la Banque mondiale, Fatoumata Touré, représentante par intérim de l’institution en Guinée, a souligné que le PT2S constitue « un investissement majeur dans l’avenir du capital humain » du pays.

Elle a notamment mis en avant l’approche du financement basé sur les résultats, qui conditionne une partie des ressources à l’atteinte d’objectifs mesurables et vérifiés sur le terrain. Une méthode qui, selon elle, a déjà permis d’obtenir des résultats significatifs dans certaines régions du pays, notamment à Kankan et Kindia où les scores de qualité des soins sont passés de 45 à 70 %.
Au nom du président de la République, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a officiellement lancé le projet. Il a insisté sur la nécessité de faire de la santé un pilier majeur de la transformation nationale.
« Les moyens mobilisés n’auront de sens que s’ils produisent des résultats visibles dans la vie quotidienne des populations », a-t-il affirmé, appelant à une gestion rigoureuse et à une culture de résultats dans la mise en œuvre du programme.

À travers ce projet, les autorités guinéennes ambitionnent de rapprocher davantage les services de santé des communautés, d’accélérer la transformation numérique du secteur, de renforcer la résilience face aux crises sanitaires et climatiques et de progresser vers la couverture sanitaire universelle.
Pour les autorités comme pour les partenaires au développement, le véritable succès du PT2S se mesurera désormais à sa capacité à sauver des vies et à améliorer concrètement les conditions de prise en charge des populations à travers le pays.




