La lutte contre le trafic des espèces marines protégées prend une nouvelle dimension en Guinée. Réunis vendredi 19 juin 2026 au siège du Secrétariat général à la Présidence chargé des Services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, responsables sécuritaires et représentants de l’ONG Eagle Guinée ont échangé sur les mécanismes à renforcer pour combattre un phénomène souvent discret mais aux ramifications internationales : la criminalité faunique.


Au cœur des discussions figuraient notamment les trafics d’hippocampes, de nageoires de requins et d’autres produits issus d’espèces protégées, dont le commerce illégal alimente des réseaux criminels transnationaux.
Le Commissaire principal de police Foromo Soropogui a souligné que cette forme de criminalité reste encore largement méconnue du grand public, alors même qu’elle affecte directement les écosystèmes africains.
« Souvent, les infractions sont commises de manière discrète sur nos territoires et dans nos eaux maritimes. Ce n’est qu’après des investigations menées à l’étranger que l’on découvre l’ampleur de ces trafics », a-t-il expliqué.
Le responsable sécuritaire a insisté sur l’importance de protéger ces espèces qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins et terrestres.
« Le maintien de l’écosystème marin n’est pas seulement un enjeu national. C’est une question mondiale. Ces espèces protégées participent à l’équilibre de nos milieux naturels et, indirectement, à la stabilité climatique », a-t-il affirmé.
De son côté, la coordonnatrice d’Eagle Guinée, Antonia Malina Gustafsson, a rappelé que la criminalité faunique ne se limite pas à une simple atteinte à l’environnement.
Forte de plus de vingt ans d’expérience dans plusieurs pays africains, l’organisation a constaté que les réseaux impliqués dans le trafic d’espèces protégées entretiennent souvent des liens avec d’autres activités criminelles.
« Notre expérience montre que les trafiquants opérant dans la criminalité faunique sont fréquemment connectés au trafic de drogue, au trafic d’armes ou encore à la traite des êtres humains », a-t-elle indiqué.
Elle a également évoqué certains contextes africains où la vente illégale de produits issus de la faune, notamment l’ivoire, a servi à financer des groupes armés et des activités terroristes.
Pour Eagle Guinée, la réponse à cette menace passe avant tout par un partage accru des renseignements, des enquêtes et des informations opérationnelles entre les différents acteurs impliqués dans la répression.
Les échanges ont également permis de sensibiliser les services de sécurité présents sur les enjeux liés au commerce illégal des espèces protégées, un domaine encore peu connu comparativement à d’autres formes de criminalité organisée.
Dans un contexte où les produits de la mer issus d’espèces protégées continuent d’alimenter des marchés internationaux lucratifs, les autorités guinéennes affichent leur volonté d’intensifier les efforts de lutte contre ces trafics.
Le message porté lors de cette rencontre est clair : la criminalité faunique, qu’elle concerne les hippocampes, les requins ou d’autres espèces protégées, n’est plus considérée comme une simple infraction environnementale, mais comme une composante à part entière du crime organisé transnational nécessitant une réponse coordonnée et durable.
Salambandé pour eclatinfogn.com




