La lutte contre l’exploitation minière par dragage se renforce dans la préfecture de Mandiana. Ce lundi, une importante opération menée à Sokouraba, dans la sous-préfecture de Kantoumanina, a conduit à l’interpellation de plusieurs individus présumés impliqués dans cette pratique ainsi qu’à la saisie de nombreux équipements utilisés sur les sites d’exploitation.


Sur le terrain, l’intervention a été conduite par le procureur près le Tribunal de Première Instance de Mandiana, accompagné d’agents des forces de sécurité, notamment des éléments de la Brigade Anti-Criminalité (BAC). L’objectif affiché : mettre un terme aux activités de dragage considérées comme particulièrement destructrices pour l’environnement.
Selon le procureur Abdoulaye Soumah, l’opération a été déclenchée après des renseignements faisant état de la présence de machines de dragage dans la localité de Sokouraba.
« Dès que nous avons été informés de l’existence de ces équipements sur le site, des dispositions ont été prises pour procéder à l’interpellation des personnes concernées », a expliqué le magistrat.
Au cours de ses investigations, le procureur dit avoir découvert qu’une première intervention avait déjà été effectuée par des éléments de la gendarmerie sur instruction du sous-préfet de Kantoumanina. Une démarche qui, selon lui, n’a fait l’objet d’aucune information officielle adressée au parquet.
Estimant que le ministère public devait être associé à toute procédure relative à une infraction constatée, le procureur a aussitôt décidé de se rendre sur place pour vérifier la situation. À son arrivée à Kantoumanina, il affirme avoir constaté la présence d’un camion chargé d’une partie du matériel servant aux opérations de dragage.
Pour le magistrat, toute autorité administrative ou sécuritaire ayant connaissance d’une infraction est tenue d’en informer le parquet et de transmettre les éléments recueillis dans le cadre de la procédure. Il déplore n’avoir reçu aucune notification préalable concernant l’intervention menée avant son arrivée.
Poursuivant sa mission à Sokouraba, l’équipe judiciaire a découvert que certaines activités se poursuivaient encore malgré les premières arrestations. Des travailleurs auraient été surpris sur les lieux tandis qu’un camion déchargeait du matériel destiné à l’exploitation. Plusieurs personnes ont été interpellées, même si de nombreux occupants des sites avaient déjà quitté les lieux avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Les autorités annoncent également la récupération d’une quantité importante d’équipements. Les matériels pouvant être transportés seront acheminés vers les services compétents, tandis que ceux qui ne pourront pas être évacués pourraient être neutralisés afin d’empêcher toute reprise des activités.
Au-delà de l’aspect judiciaire, le procureur a insisté sur les conséquences environnementales du dragage, notamment la dégradation des cours d’eau utilisés par les populations riveraines. Selon lui, la qualité de l’eau dans la zone est fortement affectée par ces pratiques, au point de constituer un risque pour les communautés qui en dépendent au quotidien.
Quant aux personnes arrêtées, leur identification se poursuit au niveau du commissariat central de police de Mandiana. Les enquêtes et auditions engagées devront permettre d’établir les responsabilités de chacun dans cette affaire.
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la lutte contre les formes d’exploitation minière jugées nocives pour l’environnement et les ressources naturelles de la région.
Koumba Solo Camara




