Le ministère de l’Environnement et du Développement durable a frappé fort à Siguiri. Dans une décision signée le 12 juin 2026, la ministre de tutelle a prononcé la suspension de 139 cadres et agents de son département en fonction dans cette préfecture de la Haute-Guinée, au cœur de l’activité aurifère du pays.

Selon nos confères guineematin.com Cette mesure disciplinaire exceptionnelle intervient après le constat de la poursuite des activités d’exploitation artisanale de l’or à l’aide d’engins poclains dans plusieurs localités de la région de Kankan, malgré l’interdiction formelle édictée par les autorités.

En mars dernier, les ministères de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, des Mines et de la Géologie ainsi que de l’Environnement et du Développement durable avaient conjointement interdit l’utilisation de ces engins dans les zones d’orpaillage. Une décision motivée par les conséquences environnementales jugées préoccupantes de cette pratique.

Selon les autorités, certains agents chargés de veiller à l’application de cette réglementation auraient fait preuve de complaisance ou d’inaction face aux infractions constatées sur le terrain. Une situation qui a conduit le département à engager des sanctions à grande échelle.

La décision concerne différentes structures déconcentrées du ministère présentes dans la préfecture de Siguiri.

Le directeur préfectoral de l’Environnement et du Développement durable figure parmi les personnes suspendues, portant à un le nombre d’agents concernés dans cette direction.

Le Service des pollutions, nuisances et changement climatique enregistre quant à lui 37 suspensions, touchant des responsables de sections, des chefs de postes et plusieurs agents déployés dans les sous-préfectures.

La Section préfectorale des forêts et de la faune ainsi que les cantonnements forestiers paient le plus lourd tribut avec 88 agents suspendus. Ce service, fortement implanté dans les différentes localités de la préfecture, représente à lui seul plus de la moitié des sanctions prononcées.

La Brigade nationale de lutte contre la criminalité faunique et floristique est également concernée avec quatre agents suspendus au niveau de son unité préfectorale.

Enfin, l’antenne préfectorale de l’Office guinéen du bois enregistre la suspension de neuf agents, du responsable de l’antenne aux agents d’exécution.

Entrée en vigueur dès sa signature, la décision prévoit son enregistrement et sa publication conformément aux procédures administratives en vigueur.

À travers cette opération, les autorités affichent leur volonté de renforcer le respect des mesures prises contre l’orpaillage mécanique illégal, régulièrement dénoncé pour ses impacts sur l’environnement. Dégradation des terres agricoles, destruction du couvert végétal, pollution des cours d’eau et modification des écosystèmes figurent parmi les principales conséquences relevées dans plusieurs zones minières de la région de Kankan.

Par son ampleur, cette série de suspensions apparaît comme l’une des plus importantes jamais engagées par le ministère de l’Environnement et du Développement durable à l’encontre de ses propres agents. Elle traduit la détermination des autorités à combattre toute forme de tolérance ou de complicité dans la violation des règles environnementales et minières.

AAS