Le Collectif des Personnes Handicapées Diplômées a animé un point de presse ce mercredi 10 juin 2026 à Conakry pour attirer l’attention des autorités sur la situation des diplômés en situation de handicap toujours privés d’emploi. Placée sous le thème « Derrière notre handicap, il y a un diplôme, un rêve et une dignité », la rencontre a été l’occasion pour les intervenants de plaider en faveur d’une meilleure prise en compte de leurs droits, notamment l’accès au travail.

Prenant la parole, la chargé du plaidoyer et de l’emploi à la Fédération Guinéenne des Associations de Personnes Handicapées (FEGUIPAH), Nassir Rose Crespin, a rappelé les nombreuses difficultés auxquelles les personnes handicapées sont confrontées tout au long de leur parcours scolaire et universitaire. Selon lui, malgré les sacrifices consentis pour obtenir des diplômes, la majorité d’entre elles restent exclues du marché de l’emploi. « Les personnes handicapées traversent d’énormes difficultés pour étudier. Lorsqu’elles parviennent à décrocher un diplôme, elles espèrent naturellement accéder à un emploi leur permettant de vivre dignement. Malheureusement, beaucoup restent sans perspective professionnelle », a-t-elle regretté.
Elle a indiqué que le dernier arrêté d’engagement de personnes handicapées à la fonction publique remonte au 3 juillet 2019. Depuis cette date, affirme-t-il, de nombreux dossiers s’accumulent sans réponse. Pour lui, cette situation fragilise davantage des citoyens qui aspirent simplement à travailler et à subvenir à leurs besoins. « Nous demandons aux autorités de redonner leur dignité aux personnes handicapées diplômées. Sans emploi ni revenu, il est difficile de construire sa vie et de contribuer pleinement au développement du pays », a-t-elle lancé.
De son côté, le président du Collectif des Personnes Handicapées Diplômées, Vévé Coivogui, a insisté sur le caractère républicain de leur démarche. Il a précisé que leur combat repose sur les principes de justice sociale, de dignité humaine et d’égalité des chances.
Selon lui, les personnes en situation de handicap diplômées ont poursuivi leurs études dans un environnement souvent marqué par les préjugés, les moqueries, le rejet social et des difficultés financières importantes. Pourtant, malgré leurs compétences, elles peinent à trouver leur place dans les administrations publiques et privées. « Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons simplement que nos compétences soient reconnues et que les mêmes opportunités soient offertes à tous les citoyens », a-t-il déclaré.
Le collectif a adressé un appel au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin qu’il porte une attention particulière à leur situation et leur accorde une audience. Les responsables ont également sollicité l’implication du Premier ministre Amadou Oury Bah ainsi que celle de la ministre Patricia Adeline Lamah pour faire avancer le dossier de l’employabilité des personnes handicapées diplômées.
Les membres du collectif plaident notamment pour une intégration exceptionnelle à la fonction publique, rappelant que plusieurs vagues de recrutement avaient déjà été accordées aux personnes en situation de handicap en 2000, 2005, 2008 et 2019. Ils estiment que cette mesure serait conforme aux engagements pris par la Guinée à travers les conventions internationales et les textes nationaux relatifs aux droits des personnes handicapées.
Tcherno le Top Diallo




