Alors que le Soly connaît un regain d’intérêt à travers le Festival Kania Soly, les débats sur son origine et son histoire continuent d’alimenter les discussions. Pour Aboubacar Camara, consultant en communication et promoteur des langues nationales, il est nécessaire de revenir aux faits historiques afin de dissiper les confusions et les comparaisons qu’il juge infondées.
Selon lui, la distinction entre la pratique culturelle du Soly et sa célébration officielle est essentielle. Si le Festival Kania Soly n’en est qu’à sa septième édition, la pratique elle-même remonte à des temps beaucoup plus anciens. Elle serait issue du Laga en pays Sosso, un espace initiatique comparable à ce que les peuples de la Guinée forestière appellent la Forêt sacrée. L’auteur rappelle également que la République de Guinée compte aujourd’hui 67 ans d’existence, tandis que la Mamaya, dans sa forme organisée, revendique 86 ans d’histoire. Toutefois, il estime que la profondeur historique du Soly dépasse largement les repères chronologiques liés aux manifestations culturelles modernes.
S’appuyant sur les travaux de Lansana Fina Camara, Aboubacar Camara affirme que le Soli ou Soly ne serait pas d’origine mandingue mais djallonké. Le terme trouverait son origine dans la langue yalunka (djallonké), où « soly » ou « solla » signifie « jeune pousse ».
Dans cette tradition, la circoncision constitue un rite de passage marquant l’entrée dans l’âge adulte. Les jeunes initiés, considérés comme de « nouvelles pousses », exécutaient une danse accompagnée d’une musique appelée « Soli ».
Munis de foulards appartenant à leurs mères, qu’ils tenaient à la main ou attachaient autour de leurs hanches, ils manifestaient ainsi leur bravoure avant leur départ vers le lieu de l’initiation.Pour l’auteur, cette pratique est intimement liée à l’histoire des Djallonké, qu’il présente comme les premiers habitants de la Haute-Guinée et comme un peuple historiquement rattaché à l’Empire Sosso. Il rappelle que cette région est devenue au fil du temps un espace de cohabitation entre plusieurs communautés, notamment les Djallonké, Konianké, Kouranko, Diakhanké, Peuls et Malinkés.
Au terme de son analyse, Aboubacar Camara soutient que le Soly constitue avant tout un héritage culturel sosso ancestral. Il considère cette danse comme le témoignage vivant d’une mémoire historique ancienne, qu’il invite à mieux connaître afin d’éviter les amalgames et les interprétations erronées sur ses origines.
Aboubacar Camara, Consultant en
Communication & Marketing Digital.
Infographiste free-lance et Promoteur des langues nationales




