Les coupures répétées d’électricité qui affectent plusieurs quartiers de Conakry depuis plusieurs semaines continuent d’alimenter les inquiétudes des citoyens. Alors que la société Électricité de Guinée (EDG) évoque régulièrement des travaux techniques et des opérations de maintenance pour expliquer ces interruptions, d’autres facteurs semblent peser lourdement sur la situation énergétique du pays.
Selon des informations du site Émergencegn, les difficultés actuelles seraient également liées à d’importants arriérés de paiement dus à certains producteurs privés d’électricité qui alimentent le réseau national.
Les dettes concernent principalement deux fournisseurs stratégiques : la centrale thermique Tè Power, installée dans la zone de la Tannerie et capable de produire jusqu’à 50 mégawatts, ainsi que le navire-centrale turc Karpowership, dont la capacité de production atteint 150 mégawatts.
D’après nos sources, le montant cumulé des factures impayées dépasserait désormais les 200 millions de dollars américains. Dans le détail, environ 55 millions de dollars seraient dus à Tè Power, tandis que la créance de Karpowership excéderait les 150 millions de dollars. Le contrat liant l’État guinéen à l’opérateur turc arrive d’ailleurs à échéance à la fin de l’année 2026.
La situation avait déjà connu un premier épisode de tension avec l’arrêt temporaire des activités de Tè Power. Cette suspension avait privé le réseau national de 50 mégawatts, aggravant considérablement les difficultés d’approvisionnement en électricité. La centrale a toutefois repris ses activités cette semaine.
Contacté par notre rédaction, un responsable de l’entreprise indique que cette reprise a été rendue possible grâce aux engagements pris par les autorités concernant le règlement progressif de la dette.
« Des paiements ont déjà commencé à être effectués, ce qui nous a permis de reprendre la production », a confié notre interlocuteur.
Mais les préoccupations se tournent désormais vers Karpowership. Selon plusieurs sources concordantes, l’opérateur turc réclame également le règlement de ses créances et pourrait envisager une interruption de sa production en l’absence d’avancées significatives.
Une telle éventualité représenterait un sérieux défi pour EDG. Avec une capacité de 150 mégawatts, le retrait du navire-centrale créerait un déficit difficilement compensable, notamment en cette période d’étiage où les performances des barrages hydroélectriques sont naturellement réduites.
Face à cette menace, les regards sont désormais tournés vers les autorités financières et les responsables du secteur énergétique. Des discussions seraient en cours afin de trouver un compromis avec les fournisseurs et de mettre en place un mécanisme de règlement échelonné des factures en souffrance.
À défaut d’un accord rapide, le risque d’une réduction ou d’un arrêt de la production par certains fournisseurs demeure réel, avec pour conséquence une aggravation des délestages déjà observés dans plusieurs zones de la capitale.
AAS




