Une nouvelle attaque attribuée à des groupes armés a semé la terreur dans l’État de Kwara, au centre du Nigeria. Selon l’AFP, au moins dix personnes ont été enlevées dans la nuit de dimanche à lundi lors d’une opération menée par des assaillants lourdement armés, qui ont également incendié le palais d’un dirigeant traditionnel de la région.

L’attaque s’est produite dans la localité de Yashikira, située à près de 190 kilomètres d’Ilorin, la capitale de l’État. D’après les informations communiquées par la police, les assaillants ont pris pour cible à la fois la résidence de l’émir de Yashikira et un poste de police de la ville aux environs de 2 heures du matin.

Si les forces de sécurité sont parvenues à repousser l’assaut contre le commissariat, les ravisseurs ont réussi à enlever plusieurs personnes avant de prendre la fuite. Le palais du chef traditionnel a, quant à lui, été réduit en partie en cendres au cours de l’attaque.

Dans une déclaration officielle, le porte-parole de la police de Kwara, Adetoun Ejire-Adeyemi, a indiqué que des opérations de ratissage étaient en cours dans les forêts et zones reculées de la région afin de retrouver les auteurs de l’attaque et de libérer les personnes retenues en captivité.

Cette nouvelle incursion armée intervient dans un contexte de recrudescence de l’insécurité dans plusieurs zones rurales de l’État de Kwara. Ces derniers mois, la région a enregistré une série d’enlèvements et d’attaques meurtrières attribués à des groupes criminels armés, parfois soupçonnés d’entretenir des liens avec des organisations jihadistes actives dans certaines parties du pays.

En novembre dernier, au moins 38 fidèles avaient été kidnappés dans une église de la localité d’Eruku. Quelques jours plus tard, dix autres habitants avaient été enlevés dans le village voisin d’Isapa. Plus récemment, en février, une attaque particulièrement sanglante avait fait au moins 162 morts dans le village de Woro, majoritairement peuplé de musulmans.

Face à la multiplication de ces violences, les autorités nigérianes sont de plus en plus appelées à renforcer la sécurité dans les zones rurales, où les populations vivent sous la menace constante des groupes armés opérant dans les vastes étendues forestières du centre et du nord du pays.

AAS