La ville de Kankan a connu une soirée particulièrement agitée entre les quartiers Dar-Es-Salam et Bordo, après la mort tragique d’un jeune homme dans des circonstances encore entourées de nombreuses zones d’ombre.

Selon nos confrères de NIMBA224, les habitants rencontrés sur les lieux, la victime aurait perdu la vie au cours d’une course-poursuite impliquant des agents des forces de l’ordre. Des témoins affirment que le jeune aurait été percuté par un véhicule alors qu’il était poursuivi par des policiers relevant du commissariat central de Kankan. Gravement blessé, il aurait succombé peu après les faits.

L’annonce du drame a provoqué une explosion de colère dans les deux quartiers. Très rapidement, des groupes de jeunes sont descendus dans les rues pour exprimer leur indignation. Des affrontements ont alors éclaté avec les forces de sécurité, dans un climat particulièrement tendu marqué par des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogènes. Pendant plusieurs heures, la circulation est restée perturbée dans plusieurs secteurs de la zone.

Le corps de la victime a ensuite été transporté à l’hôpital régional de Kankan, pendant que l’émotion continuait de grandir parmi les habitants.

Sur place, Alpha Touré, un riverain rencontré au milieu des attroupements, n’a pas caché sa colère face à ce qu’il considère comme un usage excessif de la force.

« S’il avait commis une faute, il fallait simplement l’arrêter. On ne peut pas renverser quelqu’un avec un véhicule pour cela. Les policiers vont trop loin maintenant », a-t-il dénoncé avec indignation.

Très affecté par le drame, il a également interpellé les autorités afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

« Nous avons entendu qu’il devait de l’argent à quelqu’un et qu’il a ensuite été poursuivi avant d’être renversé. Ce genre de situation ne doit plus se produire », a-t-il ajouté.

De son côté, le chef du quartier Dar-Es-Salam, Francedi Camara, explique avoir été alerté alors que les tensions montaient déjà dans les rues.

« À mon arrivée, plusieurs jeunes étaient très remontés. Certains avaient des pierres en main et accusaient un véhicule d’avoir mortellement percuté un jeune homme », a-t-il confié.

Face au risque d’escalade, l’autorité locale affirme avoir appelé les manifestants au calme afin d’éviter de nouveaux débordements.

« Je leur ai demandé de rentrer chez eux et de laisser les autorités compétentes gérer la situation. La violence ne résoudra rien », a-t-il insisté, précisant avoir immédiatement informé l’administration locale.

Pour l’instant, aucune communication officielle n’a été faite par le commissariat central de Kankan concernant les circonstances exactes du drame. Des agents rencontrés sur place ont indiqué qu’aucun responsable n’était disponible pour commenter l’affaire. Contacté par téléphone, un responsable policier a simplement affirmé être en réunion avec sa hiérarchie à la Sûreté régionale, sans donner plus de détails.

En attendant une éventuelle prise de parole des autorités, les interrogations restent nombreuses autour de cette affaire qui continue de provoquer émotion, colère et incompréhension dans la capitale de la Haute-Guinée.

AAS