Devant des centaines de sympathisants mobilisés, la seule candidate femme de la commune de Matam (Conakry) a lancé un appel vibrant au rassemblement, axé sur la transparence, l’assainissement et l’autonomisation.

La tête de liste du mouvement « Matam ma commune, ma priorité » a refusé la posture des promesses pour imposer un ton de vérité et de terrain.

« Je me présente devant vous, non pas comme une femme de promesse, mais comme une femme d’action. Une femme de terrain, une femme qui connaît vos réalités. J’ai vu la famille des braves lutter pour survivre. J’ai vu des jeunes diplômés sans emploi. J’ai vu des femmes en difficulté pour nourrir leurs enfants. J’ai vu nos quartiers en difficulté, abandonnés face au manque d’infrastructures. Mais malgré tout cela, j’ai aussi vu une population digne, courageuse et pleine d’ambition. Et c’est justement cette ambition qui m’a poussée à me porter candidate. Parce que Matam mérite mieux, parce que Matam peut avancer, parce que Matam doit devenir une commune moderne, propre, solidaire et tournée vers l’avenir. »

Pour contrer la crise de confiance envers la classe politique, la candidate a opposé ses actes aux discours, rappelant que son mouvement a déjà mobilisé plus de 217 millions de francs guinéens pour financer des projets scolaires, des aides sanitaires et le soutien aux groupements féminins. Elle a ensuite tracé la feuille de route de sa future gestion, articulée autour de la salubrité, de l’éducation et de la sécurité des espaces publics

« Ma priorité sera d’abord l’assainissement de notre belle commune, qui n’est autre que notre maison en commun. Nous ne pouvons pas accepter de vivre dans l’insalubrité permanente. Nous mettrons en place une politique rigoureuse de nettoyage, de gestion des déchets et de sensibilisation citoyenne. Ensuite, nous allons renforcer l’éclairage public, parce que la sécurité de nos familles ne doit pas dépendre de l’obscurité des rues. Nos enfants, nos femmes, nos travailleurs doivent pouvoir circuler dans des conditions dignes et sécurisées. Nous allons également faire de l’éducation une priorité absolue. À nos jeunes, je veux dire ceci : vous n’êtes pas seulement l’avenir du pays, vous êtes aussi son présent. Nous créerons des cadres d’accompagnement pour les jeunes entrepreneurs. » Rendant un hommage appuyé aux femmes, qu’elle qualifie de « force silencieuse » de l’économie locale, Hadja Djénè Condé s’est engagée à instaurer une rupture radicale en matière de transparence financière, avant de lancer un appel final au vote utile.

« L’argent de la commune doit servir la commune. Nos ressources doivent être utilisées dans l’intérêt des populations. Chaque citoyen doit avoir le droit de savoir comment sa commune est gérée. Nous mettrons fin à la politique de l’opacité. (…) Je ne viens pas pour gouverner seule. Je viens pour travailler avec vous. Cette élection est un choix important. Le choix entre l’immobilisme et le changement, le choix entre les paroles et les résultats, le choix entre les intérêts personnels et l’intérêt collectif. Je vous tends la main avec sérénité et humilité. Le moment est venu de choisir une femme d’action. Le moment est venu de faire de Matam une priorité. Alors, le jour du vote, votez pour le mouvement « Ma commune, ma priorité ». »

Tcherno le Top Diallo