Les premières pluies qui se sont abattues sur Conakry ont rapidement plongé plusieurs axes de la capitale dans un véritable désordre. Entre montagnes d’ordures, caniveaux saturés et circulation paralysée, cette entrée timide dans la saison hivernale remet déjà au centre des inquiétudes la question de l’insalubrité urbaine.


Au grand rond-point de Matoto, le spectacle était saisissant ce matin. Les déchets entassés depuis plusieurs semaines ont débordé jusque sur la chaussée, forçant de nombreux vendeurs à quitter les lieux. Sous l’effet de la pluie, les caniveaux obstrués ont laissé remonter des eaux noires mêlées à des détritus, transformant cette importante intersection en un point de blocage presque impraticable. Piétons et conducteurs tentaient difficilement de se frayer un passage au milieu de la boue, des flaques et des embouteillages interminables.
Même scénario à la Tannerie où des amas de sachets plastiques et d’ordures ont envahi la route après les premières averses. La circulation y était fortement perturbée, avec des automobilistes et des motards coincés durant de longues minutes dans un concert de klaxons. Malgré la présence d’agents de nettoyage mobilisés avec des engins et du matériel de curage, les opérations semblaient insuffisantes face à l’ampleur de la situation.
Sur place, plusieurs citoyens n’ont pas caché leur indignation. Interrogé à la Tannerie, Amara Sanoh dénonce une mauvaise gestion de l’assainissement et interpelle les autorités sur l’utilisation des ressources publiques.

« Ce n’est même pas encore la grande pluie et la ville est déjà dans cet état. Pourtant, les citoyens paient des taxes et des impôts. On ne peut pas continuer comme ça. Il y a certes l’incivisme de certains habitants, mais les autorités aussi doivent prendre leurs responsabilités », a-t-il lancé avec colère.
Du côté des responsables communaux, l’accent est mis sur le comportement des citoyens, tout en reconnaissant les difficultés rencontrées sur le terrain. Le secrétaire général de la commune de Matoto, Mamadi Nabé, affirme que des opérations de curage avaient pourtant été menées dans la nuit précédant la pluie.

Selon lui, l’assainissement ne peut pas reposer uniquement sur les services publics. Il invite les habitants à collaborer davantage avec les PME chargées de la collecte des déchets et appelle à un changement de mentalité face à l’insalubrité qui gagne du terrain dans plusieurs quartiers de la capitale.
Alors que l’hivernage ne fait que commencer, cette première pluie agit déjà comme un signal d’alerte. Si aucune réponse durable n’est trouvée rapidement, Conakry pourrait encore revivre les mêmes scènes d’inondations, de pollution et de paralysie urbaine dans les semaines à venir.
TCherno Amadou top Diallo




