Lors d’une conférence de presse, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG) a apporté des précisions majeures sur l’état d’avancement du projet Simandou, notamment sur son caractère multi-utilisateur et les retombées attendues pour la Guinée.

Le projet Simandou franchit une étape décisive. Face à la presse et aux acteurs de la société civile, Mamadou Nagnalen Barry, président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), a levé le voile sur les avancées concrètes de ce mégaprojet minier et infrastructurel.

D’entrée, il a insisté sur la volonté des autorités et des partenaires de rendre l’information accessible au public : « L’objectif aujourd’hui, c’est de répondre à vos questions », a-t-il déclaré, invitant les journalistes à des échanges directs et sans détour.

Au cœur de son intervention, l’architecture du projet Simandou, structurée autour de trois entités majeures : deux sociétés minières — Rio Tinto Simfer à Beyla et le consortium WCS à Kérouané — et une entité logistique, la CTG, chargée des infrastructures ferroviaires et portuaires.

Mais c’est surtout sur la dimension multi-utilisateur des infrastructures que Mamadou Nagnalen Barry a marqué les esprits. Contrairement aux conceptions initiales, le chemin de fer de Simandou ne servira pas uniquement au transport du minerai. « Les infrastructures sont prêtes à être utilisées par les personnes et pour les marchandises », a-t-il affirmé.

Pour atteindre cet objectif, d’importants ajustements techniques et financiers ont été nécessaires. Il a notamment évoqué la construction de tunnels adaptés au transport de passagers, dont un ouvrage de 12 kilomètres équipé en ventilation et éclairage. « Ce ne sont pas de petits montants », a-t-il souligné, précisant que ces investissements ont été réalisés à la demande de l’État guinéen.

Si les trains et les wagons passagers — jugés confortables — sont déjà disponibles et testés par certains responsables, le grand public devra encore patienter. La priorité actuelle reste la construction des gares, avec un objectif d’au moins une gare par préfecture. « Dans un maximum de deux ans, les gares devront être disponibles », a-t-il indiqué, tout en évoquant une possible accélération du calendrier.

Sur le plan économique, les ambitions sont tout aussi impressionnantes. Le projet vise une capacité d’exportation de 120 millions de tonnes de minerai de fer par an, positionnant la Guinée comme un acteur majeur sur le continent. Déjà, plusieurs millions de tonnes ont été exportées, avec une montée en puissance progressive grâce à la réception continue de locomotives et de wagons.

Enfin, le président du Conseil d’administration a rappelé les retombées directes pour l’État guinéen, actionnaire à hauteur d’au moins 15 % dans les différentes entités. Entre dividendes, part de production minière et recettes fiscales, Simandou est présenté comme un levier central du développement économique du pays.

À travers cette sortie médiatique, Mamadou Nagnalen Barry a voulu rassurer : au-delà d’un projet minier, Simandou se positionne désormais comme une infrastructure nationale structurante, au service de l’économie et de la mobilité en Guinée.

AAS