9Célébrée en différé ce mercredi, la Journée internationale des droits des femmes a réuni autorités, partenaires et organisations féminines autour d’un objectif commun : accélérer l’accès à la justice et renforcer l’autonomisation des femmes en Guinée.

La Guinée a célébré en différé, ce mercredi, la Journée internationale des droits des femmes, dans une cérémonie officielle présidée par le chef de l’État, en présence de membres du gouvernement, de partenaires techniques et d’acteurs de la société civile. Au-delà du caractère symbolique, cette rencontre a été marquée par des discours forts appelant à des actions concrètes en faveur des femmes et des filles.

Prenant la parole au nom du système des Nations unies en Guinée, le représentant résident a salué la diversité et la résilience des femmes guinéennes. Des zones côtières aux régions forestières, en passant par la Haute-Guinée et le Fouta, il a rendu hommage à celles qui entreprennent, cultivent, éduquent et soignent, souvent dans des conditions difficiles et peu visibles.

Il a toutefois rappelé une réalité essentielle : malgré la reconnaissance des droits des femmes, un écart persiste entre les textes et leur application. « Cette journée n’est pas seulement une célébration, elle est aussi un appel à l’action », a-t-il insisté, plaidant pour des politiques publiques inclusives et des investissements concrets dans les secteurs clés comme l’éducation, la santé et l’emploi.

De son côté, la présidente du Conseil national des femmes et filles de Guinée a dressé un tableau sans complaisance des défis persistants. S’appuyant sur les données du recensement général de 2025, elle a souligné que les femmes représentent 51,8 % de la population, sans pour autant bénéficier d’un accès équitable aux opportunités économiques, aux ressources et aux sphères de décision.

Elle a dénoncé les inégalités en matière d’éducation, la forte présence des femmes dans le secteur informel, ainsi que les violences basées sur le genre encore largement répandues. « Nous sommes la majorité, mais cette majorité ne se reflète pas encore dans les espaces de décision », a-t-elle regretté, appelant à un leadership féminin transformateur et à une mobilisation collective pour inverser la tendance.

Par ailleurs, elle a formulé plusieurs plaidoyers, notamment l’application effective du quota de 30 % de femmes dans les instances décisionnelles, le renforcement du soutien aux femmes entrepreneures et l’amélioration des infrastructures économiques dédiées aux femmes.

Intervenant à son tour, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Adeline Lamah, a mis l’accent sur les leviers prioritaires pour garantir une véritable égalité. « Une femme sans autonomie économique reste plus vulnérable », a-t-elle déclaré, soulignant le lien direct entre indépendance financière et capacité à faire valoir ses droits.

La ministre a reconnu les avancées enregistrées, notamment l’existence d’un cadre juridique et de mécanismes de protection, mais a insisté sur les obstacles persistants : coût des procédures judiciaires, éloignement des services, pressions sociales et manque d’information.

« L’accès à la justice ne se limite pas à l’existence de tribunaux », a-t-elle précisé, appelant à rapprocher les services des populations et à renforcer l’accompagnement des victimes.

Elle a également évoqué des actions concrètes menées récemment, dont la libération de nombreuses détenues après une visite à la maison centrale, illustrant selon elle l’impact d’une action publique ciblée.

Dans un moment empreint d’émotion, la ministre a rendu hommage aux femmes disparues, victimes de violences, de complications liées à la maternité ou de pratiques néfastes. Un rappel poignant de l’urgence d’agir pour garantir à каждой femme le droit à la vie, à la protection et à la justice.

À travers ces différentes interventions, un message commun se dégage : la nécessité de passer des engagements aux résultats concrets. Cette célébration du 8 mars en Guinée se veut ainsi un tournant, un appel à une mobilisation collective pour bâtir une société plus équitable, où chaque femme et chaque fille pourra pleinement exercer ses droits et contribuer au développement national.

 

AAS