Le gouvernement guinéen, à travers le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME, a officiellement lancé ce mardi les travaux de révision du Code des investissements. La cérémonie, présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, a réuni plusieurs membres de l’exécutif autour d’une réforme jugée stratégique pour l’avenir économique du pays.

Dans son discours, la ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, Fatima Camara, a donné le ton en affirmant sans détour : « La Guinée ne cherche plus seulement à attirer, elle choisit. » Une déclaration forte qui résume l’ambition des autorités de passer d’une politique d’attractivité passive à une approche plus sélective et orientée vers les intérêts nationaux.

Selon la ministre, cette réforme dépasse le cadre administratif pour s’inscrire comme une décision politique majeure, alignée sur la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya. L’objectif est clair : bâtir une économie souveraine, productive et créatrice de valeur au profit des Guinéens.

« Nous ne voulons plus simplement des investissements. Nous voulons des investissements qui transforment la Guinée », a insisté Fatima Camara, soulignant la nécessité d’un Code « de nouvelle génération », à la fois stratégique, sélectif et exigeant.

Parmi les orientations majeures de cette réforme figurent la promotion de la transformation locale des ressources, le renforcement du contenu local, l’encouragement à l’industrialisation, ainsi que l’exigence de transferts de compétences et d’impact concret sur l’emploi. Désormais, chaque avantage accordé aux investisseurs devra répondre à une question essentielle : qu’apporte réellement cet investissement au pays ?

Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé que l’État ne peut plus, à lui seul, porter le développement économique. Il a insisté sur le rôle central du secteur privé, appelé à devenir le moteur de la croissance et de la création de richesse.

Dans cette dynamique, la révision du Code des investissements vise à créer un environnement plus favorable, aussi bien pour les investisseurs nationaux qu’internationaux. Le chef du gouvernement a notamment évoqué les opportunités liées aux grands projets structurants, dont le mégaprojet minier de Simandou, présenté comme un levier majeur de transformation économique.

Toutefois, il a mis en garde contre une économie de rente, appelant à une véritable industrialisation du pays. « Nous refusons cette culture de rente (…) Nous voulons transformer toutes nos potentialités », a-t-il déclaré, plaidant pour une implication responsable du secteur privé dans le respect des intérêts nationaux.

Autre point clé soulevé : la nécessité de mieux encadrer les exonérations fiscales, souvent prolongées au-delà des délais initiaux. Le Premier ministre a insisté sur l’importance de limiter ces avantages dans le temps et de veiller à leur application rigoureuse.

À travers cette réforme, les autorités guinéennes entendent ainsi poser les bases d’un nouveau modèle économique, plus équilibré et durable. Un modèle dans lequel l’État oriente les investissements, tout en exigeant des retombées concrètes pour la population.

Avec le lancement de ces travaux, le gouvernement affiche sa volonté d’entrer dans une nouvelle ère économique, où souveraineté, transformation locale et responsabilité partagée deviennent les piliers du développement national.

AAS