Langue largement parlée en Guinée et bien au-delà de ses frontières, le soussou s’impose progressivement comme un puissant vecteur de communication entre les communautés ouest-africaines. Portée par le commerce, les migrations et la diaspora, cette langue dépasse son ancrage national pour devenir, dans plusieurs espaces, une véritable lingua franca reliant des peuples et des cultures à travers l’Afrique et le monde

La langue de Sosso (ou Yalunka/Yalunka-Soussou selon les variantes) joue un rôle important en Afrique de l’Ouest. On peut défendre l’idée qu’elle agit comme une langue de communication entre plusieurs peuples, c’est-à-dire une lingua franca, surtout dans les zones de commerce, de migration et d’échanges culturels : 𝐒𝐞𝐧𝐞𝐠𝐚𝐥, 𝐆𝐚𝐦𝐛𝐢𝐞, 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞𝐞, 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞𝐞-𝐁𝐢𝐬𝐬𝐚𝐮, 𝐒𝐢𝐞𝐫𝐫𝐚 𝐋𝐞𝐨𝐧𝐞, 𝐋𝐢𝐛𝐞𝐫𝐢𝐚, 𝐌𝐚𝐥𝐢, 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝐆𝐡𝐚𝐧𝐚, 𝐌𝐚𝐫𝐨𝐜, 𝐀𝐥𝐠𝐞́𝐫𝐢𝐞, 𝐓𝐮𝐧𝐢𝐬𝐢𝐞, 𝐄𝐠𝐲𝐩𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐞𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞́𝐞𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐚𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬.

En Guinea 🇬🇳, le soussou est la langue nationale la plus parlée, parlée dans toutes les régions de la Guinée et particulièrement dans la région côtière et dans la capitale Conakry. Dans les marchés, les transports et les activités commerciales, beaucoup de personnes issues de différentes ethnies utilisent le soussou pour se comprendre. Environ 40% de chaque ethnie de Guinée parle cette langue.

Cette influence dépasse largement les frontières de la Guinée. Par exemple :

  • En Sierra Leone 🇸🇱, les échanges commerciaux et les migrations entre les populations guinéennes et sierra-léonaises favorisent l’usage du soussou dans toutes les communautés.
  • En Gambie 🇬🇲 et au Sénégal 🇸🇳, les commerçants et voyageurs originaires de Guinée contribuent aussi à diffuser cette langue dans les marchés et les réseaux commerciaux.
  • Au Mali 🇲🇱, en Côte d’Ivoire 🇨🇮, au Liberia, en Guinea-Bissau et au Ghana 🇬🇭, les diasporas guinéennes et les communautés mandingues permettent également au soussou d’être utilisé comme langue d’échange dans plusieurs milieux.

Au-delà de l’Afrique de l’Ouest, la diaspora guinéenne a transporté le soussou vers d’autres régions du monde. Des communautés vivant au Maroc 🇲🇦, en Algérie 🇩🇿, en Tunisie 🇹🇳 ou en Égypte 🇪🇬 continuent de l’utiliser entre elles, notamment dans les cercles familiaux et associatifs, voire certains résidents de ces pays.

En Europe et aux États-Unis (United States 🇺🇸), la présence de la diaspora guinéenne fait également vivre la langue. Dans les associations culturelles, les réunions communautaires et les réseaux sociaux, le soussou reste un moyen important de préserver l’identité culturelle et de communiquer entre personnes originaires de différentes régions de Guinée.

Ainsi, même si chaque pays possède ses langues nationales ou officielles, le Soussou agit dans de nombreux contextes comme une langue de connexion entre les communautés guinéennes et ouest-africaines. Par le commerce, la migration et la diaspora, il contribue à faciliter les échanges et à maintenir un lien culturel entre des populations réparties sur plusieurs continents.

En résumé, le soussou n’est pas seulement une langue locale : c’est aussi un outil de communication qui relie des communautés à travers l’Afrique de l’Ouest et la diaspora mondiale, ce qui lui donne, dans certains contextes, le rôle d’une véritable lingua franca.

Aboubacar Camara
Consultant en Communication & Marketing Digital.
Infographiste free-lance.
Promoteur des langues nationales.