À Conakry, Saran Couture a procédé à la remise de diplômes à 51 jeunes femmes formées aux métiers de la couture et de la mode. Une cérémonie qui marque la sortie de la première promotion de la formation professionnelle du centre et qui s’inscrit dans une démarche d’autonomisation des femmes à l’horizon 2040.

La cérémonie de remise des diplômes deSaran Couture a été marquée par la certification de 51 jeunes femmes, au terme d’une année de formation professionnelle. L’événement constitue une étape importante pour le centre, qui entend faire de la formation aux métiers de la mode un véritable levier d’autonomisation économique des femmes en Guinée.
Selon Soumaoro Benjamin, communément appelé « M. Leroi », l’initiative est née d’une volonté de renforcer les compétences professionnelles des jeunes femmes fréquentant le centre.
« Dieu sachant faire les choses, j’ai pu rencontrer la directrice qui a cru en ma personne pour accompagner le centre depuis juin 2025. Nous nous sommes engagés ensemble pendant une année et aujourd’hui, nous voyons les fruits de cet engagement », explique-t-il.
51 jeunes femmes certifiées sur un effectif de 353
Cette première promotion de la formation professionnelle compte 51 diplômées, sur un effectif global de 353 jeunes femmes actuellement présentes au centre.
La formation, d’une durée d’un an pour le niveau débutant, est organisée en plusieurs étapes : niveau débutant, intermédiaire et avancé. Le niveau avancé permet notamment aux apprenantes de se perfectionner dans la haute couture, avec la confection de tenues de mariage, de vestes et l’apprentissage des techniques de finition.
Le responsable précise que les coûts varient selon le niveau de formation. Pour une formation annuelle destinée aux débutantes, les frais s’élèvent à 200 000 francs guinéens par mois, auxquels s’ajoutent 300 000 francs de frais d’inscription. Le niveau intermédiaire, d’une durée de six mois, coûte 300 000 francs par mois, tandis que le niveau avancé est fixé à 400 000 francs par mois.
Un appel aux partenaires pour soutenir les jeunes femmes
Face aux difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses jeunes femmes, Saron Couture souhaite mettre en place et développer le projet « Jeune fille, avenir de demain », destiné notamment à faciliter l’accès à la formation pour celles qui disposent de moyens financiers limités.
L’objectif est de mobiliser les autorités, les institutions internationales, les entreprises et les bailleurs autour de la formation professionnelle des jeunes femmes.
« Beaucoup de personnes n’ont pas les moyens de se payer des formations. C’est pourquoi nous demandons aux autorités qui veulent vraiment une Guinée émergente d’investir sur les jeunes femmes », plaide Soumaoro Benjamin.
Le centre indique avoir adressé plusieurs demandes d’accompagnement à différentes institutions et organisations. Si un appui a été obtenu de l’ONPA, notamment à travers la délivrance des cartes d’artisans professionnels et des diplômes, le responsable déplore l’absence d’un accompagnement financier plus important.
« Autonomiser les femmes à l’horizon Simandou 2040 »
La cérémonie était placée sous le thème de l’autonomisation des femmes à l’horizon Simandou 2040. Pour les responsables de Saran Couture, la formation professionnelle constitue un moyen concret de permettre aux jeunes femmes de disposer d’un métier et de devenir économiquement indépendantes.
Le centre précise également qu’il accueille exclusivement des jeunes femmes, une orientation présentée comme un choix visant à leur garantir un environnement de formation adapté et sécurisé.
Au-delà de la formation, Saron Couture souhaite également renforcer les collaborations avec les acteurs du secteur culturel et créatif.
« Saron Couture ouvre ses portes aux entreprises, aux médias, aux promoteurs culturels, aux artistes et aux créateurs de contenu. Nous sommes ouverts aux partenariats et aux collaborations », souligne Soumaoro Benjamin.
Selon lui, le centre produit chaque semaine plusieurs dizaines de tenues, ce qui représente également une opportunité de collaboration avec les professionnels de la mode, de la culture et des médias.
À travers cette première promotion de 51 diplômées, Saron Couture entend ainsi contribuer à la professionnalisation des jeunes femmes et à leur insertion économique, tout en appelant à une mobilisation accrue des partenaires publics et privés en faveur de la formation professionnelle.
Mariame Traoré




