À la tribune des Nations Unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya a livré mercredi 23 septembre un discours largement consacré à la souveraineté, au modèle de gouvernance et à la trajectoire de développement choisie par la Guinée.
Le chef de l’État a défendu une approche adaptée aux réalités nationales et appelé à repenser les modèles de développement appliqués au continent africain. « Le modèle de gouvernance importé, sans adaptation aux réalités de notre continent, peine à produire les résultats attendus par nos populations », a déclaré Mamadi Doumbouya, avant de préciser qu’il ne venait pas « dénoncer », mais présenter des éléments qu’il considère comme factuels sur le parcours récent de la Guinée.
« Un pays peut, sur ses propres ressources, organiser des élections »
Le président guinéen a notamment mis en avant le processus électoral organisé depuis l’adoption de la nouvelle Constitution. Selon lui, la Guinée a financé sur ses propres ressources l’ensemble de son cycle électoral ainsi que l’installation des institutions qui en découlent.
« C’est la preuve, mesdames et messieurs, qu’un pays peut, sur ses propres ressources, organiser des élections crédibles, apaisées et transparentes », a-t-il affirmé.
Mamadi Doumbouya a également insisté sur les innovations qu’il attribue à la nouvelle Constitution, notamment en matière de représentation des territoires et des communautés, de gouvernance participative et de reconnaissance de la diversité culturelle, linguistique et religieuse.
Routes, Simandou et transformation locale
Pour illustrer la trajectoire économique du pays, le chef de l’État a ensuite cité plusieurs réalisations et projets en cours.
Il a notamment évoqué plus de mille kilomètres de routes bitumées dans quatre régions, le projet Simandou, la construction d’écoles et d’hôpitaux, ainsi que des projets de transformation locale de la bauxite.
Le président a également placé au cœur de son argumentaire le programme Simandou 2040, présenté comme un programme de développement socio-économique sur quinze ans. Le dispositif vise notamment, selon les documents officiels du programme, à s’appuyer sur le mégaprojet Simandou pour accélérer la transformation des secteurs prioritaires de l’économie guinéenne.
« Il ne s’agit pas seulement d’un projet minier, mais d’un véritable levier stratégique pour accélérer le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation et de la santé », a déclaré le chef de l’État.
« Notre plus grande richesse demeure notre jeunesse »
Dans son intervention, Mamadi Doumbouya a également insisté sur la jeunesse, présentée comme la principale richesse du pays.
Le président a appelé à renforcer l’éducation, la formation professionnelle et l’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat. Il a notamment cité Simandou Academy, initiative intégrée au programme Simandou 2040 et destinée au développement du capital humain. Le programme officiel place effectivement le capital humain au cœur de sa stratégie de transformation.
« Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé »
C’est sur la question du modèle de développement que le discours présidentiel a pris une dimension plus internationale.
Prenant l’exemple de l’Asie et de certains pays du Proche-Orient, Mamadi Doumbouya a estimé que plusieurs États ont bâti leur prospérité en s’inspirant de l’expérience internationale tout en l’adaptant à leurs réalités nationales.
« Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité », a-t-il lancé. Avant d’ajouter : « La Guinée aussi emprunte cette voie. »
Pour le président guinéen, cette orientation ne constitue toutefois pas un rejet de la coopération internationale. Il plaide plutôt pour un partenariat qu’il décrit comme « gagnant-gagnant », fondé sur le respect de la souveraineté et la « co-construction », plutôt que sur l’application de modèles préétablis.
« La République de Guinée avance »
En conclusion, Mamadi Doumbouya a réaffirmé la volonté de la Guinée de poursuivre sa trajectoire en s’appuyant sur ses propres choix. « La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a toutefois assuré que cette démarche resterait inscrite dans le respect du droit international, de la Charte des Nations Unies et de la coopération avec l’ensemble des partenaires de la Guinée.
À travers cette intervention à New York, le président guinéen a ainsi voulu porter au niveau international un message centré sur la souveraineté, l’adaptation des modèles de gouvernance aux réalités nationales et la transformation économique du pays autour de Simandou 2040.
AAS




