La situation à la Maison d’Arrêt de Siguiri suscite de vives préoccupations. Quatre détenus seraient décédés en l’espace de quelques jours après leur transfert depuis Conakry. Face à ces décès, la Coalition nationale Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) réclame toute la lumière sur les circonstances de leur mort et dénonce une réaction qu’elle juge insuffisante des autorités judiciaires locales.

Quatre détenus sont décédés en quelques jours à la Maison d’Arrêt de Siguiri, après leur transfert depuis Conakry. Une situation qui interpelle la Coalition nationale Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée), qui demande l’ouverture d’investigations approfondies afin de déterminer les causes exactes de ces décès.

Dans un communiqué publié ce lundi, l’organisation de défense des droits humains se dit « profondément consternée » par cette succession de décès. Elle évoque également des informations relayées par certains médias, dont le journaliste Abdoul Latif Diallo, faisant état de circonstances jugées troublantes et d’allégations de violences.

TLP-Guinée critique notamment la réaction du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Siguiri, qui aurait rejeté toute accusation de torture et déclaré que « la mort arrive dans toutes les prisons ».

Pour la coalition, cette déclaration ne saurait suffire à répondre aux interrogations soulevées par la mort de quatre détenus issus d’un même convoi en l’espace de quelques jours.

« Quatre morts sur un même convoi en quelques jours ne relèvent ni du hasard, ni du fait divers », estime TLP-Guinée, qui considère que la situation pourrait révéler de graves dysfonctionnements au sein du système pénitentiaire.

L’organisation rappelle que la privation de liberté ne doit en aucun cas remettre en cause le droit à la vie et à la dignité des personnes détenues.

Pour faire toute la lumière sur cette affaire, TLP-Guinée formule plusieurs demandes à l’endroit des autorités.

La coalition exige d’abord la publication des rapports médicaux et des certificats de décès remis aux familles, afin de permettre de connaître les causes médicalement établies de la mort des quatre détenus.

Elle demande ensuite la suspension conservatoire des agents qui pourraient être impliqués, le temps qu’une enquête détermine les responsabilités éventuelles.

Enfin, TLP-Guinée réclame une mission d’inspection urgente du Mécanisme National de Prévention de la Torture à Siguiri, afin d’évaluer les conditions de détention et de vérifier les circonstances entourant ces décès.

La coalition interpelle également le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, qu’elle appelle à prendre des mesures pour faire la lumière sur cette affaire et garantir que les éventuelles responsabilités soient établies.

Pour TLP-Guinée, l’enjeu dépasse les seuls décès enregistrés à Siguiri. Il s’agit, selon l’organisation, de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté et d’éviter que les décès en détention ne soient considérés comme des faits ordinaires.

À ce stade, les accusations de violences évoquées par TLP-Guinée restent des allégations et devront être établies ou infirmées par des investigations indépendantes et les éléments médicaux et judiciaires disponibles.

AAS