La Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé ce vendredi les grandes lignes de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée. Prévue les 31 août et 1er septembre à Conakry, cette rencontre réunira les responsables des instances de régulation de neuf pays autour des principaux défis auxquels fait face le secteur audiovisuel.

L’événement revêt une importance particulière pour la Guinée. Après avoir assuré la vice-présidence de la plateforme pendant les deux dernières années, le pays doit accéder à la présidence conformément aux dispositions statutaires de l’organisation.

Lors de la conférence de presse organisée par la HAC, son président, Boubacar Yassine Diallo, a présenté cette échéance comme une responsabilité majeure pour le pays. Il a annoncé que la Guinée prendra officiellement les commandes de la plateforme au terme de l’Assemblée générale.

« J’ai le plaisir de vous annoncer que la Guinée, dès mardi matin, prendra les charges de la présidence de la plateforme des régulateurs », a-t-il déclaré.

Cette présidence intervient dans un contexte marqué par la transformation rapide du paysage médiatique, notamment avec l’essor des réseaux sociaux, des médias numériques et des web TV. Pour la HAC, ces nouveaux espaces d’expression imposent de nouvelles réflexions sur la régulation, la responsabilité des acteurs et la protection de l’espace informationnel.

La régulation des réseaux sociaux, priorité du mandat guinéen

La régulation des réseaux sociaux constituera l’un des principaux sujets des travaux. Un panel consacré à cette question permettra aux pays participants de partager leurs expériences et leurs mécanismes de régulation.

Le président de la HAC a notamment cité la Côte d’Ivoire et le Congo parmi les pays disposant d’expériences avancées dans ce domaine. La Guinée entend s’inspirer de ces pratiques afin d’enrichir sa propre réflexion.

Boubacar Yassine Diallo a également apporté des précisions sur le cadre juridique guinéen. Selon lui, la Constitution prévoit déjà la régulation de la communication sur les réseaux sociaux. La future loi organique devra donc déterminer les modalités pratiques d’application de ces dispositions.

Le président de la HAC a insisté sur le fait que l’institution actuelle continue d’exercer ses missions dans l’attente de la mise en place de la nouvelle structure de régulation prévue par la Constitution.

Les journalistes au cœur des priorités

Au-delà de la question des réseaux sociaux, la nouvelle présidence guinéenne souhaite accorder une place importante au renforcement des capacités des journalistes.

« C’est une des priorités de cette plateforme », a souligné Boubacar Yassine Diallo, invitant les professionnels des médias à formuler des propositions et à contribuer aux réflexions qui seront menées durant le mandat guinéen.

Les discussions devraient également porter sur le développement des web TV, un secteur en pleine expansion. Pour le président de la HAC, l’expérience des pays déjà engagés dans cette dynamique peut permettre à la Guinée de mieux encadrer ce nouveau type de média et d’éviter certaines difficultés liées à leur fonctionnement.

Éviter les erreurs du passé

Le responsable de la HAC a par ailleurs évoqué l’expérience de certains pays de la sous-région, notamment le Mali, pour illustrer les difficultés pouvant découler d’une multiplication rapide des médias sans mécanismes suffisamment adaptés.

Selon lui, créer une radio ou un média peut être relativement simple, mais assurer sa viabilité économique et son respect des règles constitue un défi beaucoup plus important. Il a ainsi plaidé pour un environnement médiatique mieux structuré, capable de concilier liberté d’expression, responsabilité et viabilité des entreprises de presse.

Un nouveau rôle pour la Guinée

Cette Assemblée générale représente donc un rendez-vous stratégique pour la HAC et, plus largement, pour le secteur médiatique guinéen. En accédant à la présidence de la plateforme, la Guinée aura l’occasion de porter ses priorités au niveau régional et de renforcer les échanges avec les autres autorités de régulation.

La rencontre devrait également permettre de désigner un nouveau vice-président et d’établir les grandes orientations du prochain mandat.

À travers cette responsabilité régionale, la Guinée ambitionne de faire de la régulation, de la formation des journalistes et de l’encadrement des nouveaux médias des axes majeurs de son action, dans un paysage audiovisuel profondément transformé par le numérique.

Mariama Traoré pour eclatinfogn.com