Les enseignants contractuels de la région de Conakry ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle ils ont lancé un appel solennel aux plus hautes autorités du pays pour réclamer la finalisation de leur intégration à la fonction publique avant le lancement du recrutement annoncé de 8 000 nouveaux enseignants.

Par la voix de leur porte-parole, les contractuels ont tenu à préciser que leur démarche n’est « ni un acte de confrontation, ni une revendication politique », mais un plaidoyer en faveur de la justice, de l’équité et de la reconnaissance des années de service rendues à l’école guinéenne.
Les enseignants ont tout d’abord salué les efforts du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour avoir fait de l’éducation une priorité nationale à travers la vision Simandou Académie 2040, tout en exprimant leur espoir de voir cette ambition se traduire par la régularisation de leur situation.
Selon leur déclaration, des milliers d’enseignants contractuels assurent depuis 2018 la continuité des cours dans les établissements publics, souvent sans salaire et sans garantie d’avenir.« Depuis plus de huit années, nous servons dans les établissements d’enseignement publics avec engagement, professionnalisme et patriotisme. Nous avons répondu à l’appel de la nation sans salaire et sans aucune garantie pour notre avenir », a déclaré leur porte-parole.
S’adressant au ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, au ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle ainsi qu’au ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, les enseignants ont formulé une revendication claire : achever d’abord le processus de recrutement des contractuels de Conakry avant toute nouvelle campagne de recrutement.
Pour eux, cette mesure constituerait une reconnaissance des sacrifices consentis depuis plusieurs années. « Nous ne demandons ni privilège, ni faveur. Nous demandons simplement que les années de service rendues à la nation soient reconnues avec justice », ont-ils insisté, rappelant que plusieurs de leurs collègues ont travaillé dans des conditions difficiles, certains étant décédés sans avoir obtenu leur intégration à la fonction publique.
Les contractuels ont également attiré l’attention des autorités sur la situation des enseignants communaux retenus de Guinée. Ils demandent le paiement intégral de neuf mois d’arriérés de salaire ainsi que la régularisation de leur situation administrative, conformément aux engagements pris par le gouvernement.
Enfin, les enseignants ont rendu hommage à l’intersyndicale de l’Éducation ainsi qu’aux organisations syndicales, notamment le SLECG, la FSPE et le SNE, pour leur accompagnement depuis le début de leur combat.
Réaffirmant leur attachement au dialogue social et au respect des institutions de la République, ils disent espérer une réponse favorable des autorités afin que leur engagement au service de l’école publique soit enfin reconnu par une intégration effective à la fonction publique.
AAS




