Le décès de Mamadou Diouma Bah, jeune candidat poursuivi dans une affaire présumée de fraude, suscite une vive émotion à Kindia. Le jeune homme est décédé dans la nuit de lundi à mardi, aux environs de 23 heures, à l’hôpital régional de Kindia, après une dégradation de son état de santé alors qu’il était détenu à la prison civile de la ville.

 

Selon les informations recueillies auprès de sa famille et de plusieurs personnes proches du dossier, Mamadou Diouma Bah était atteint de drépanocytose de type SS, une pathologie nécessitant une prise en charge médicale régulière. Depuis son placement sous mandat de dépôt, son état de santé se serait progressivement aggravé.

Face à cette situation, ses proches affirment avoir multiplié les démarches afin d’obtenir soit une liberté provisoire pour raison médicale, soit son transfert dans une structure de soins adaptée. Ils expliquent toutefois que ces requêtes n’ont pas abouti, le dossier étant considéré comme relevant d’une affaire d’envergure nationale.

Ce n’est qu’après l’intervention du médecin de la prison civile, qui aurait alerté sur l’urgence de la situation, qu’une décision permettant son transfert vers l’hôpital régional de Kindia a finalement été prise afin qu’il bénéficie de soins, notamment d’une perfusion.

Toujours selon les témoignages recueillis auprès de son entourage, sa prise en charge n’aurait pas été sans difficultés. Des contraintes liées à la procédure auraient retardé certains soins, alors que son état inspirait déjà de sérieuses inquiétudes. Malgré une amélioration jugée temporaire, son état s’est de nouveau fortement détérioré dans la soirée.

Aux alentours de 22 heures, Mamadou Diouma Bah aurait été victime d’une grave rechute. Évacué en urgence vers l’hôpital régional de Kindia, les équipes médicales n’ont malheureusement pas réussi à le sauver. Son décès a été constaté vers 23 heures.

Cette disparition remet au premier plan la question de la prise en charge sanitaire des personnes détenues, en particulier celles souffrant de maladies chroniques. Elle soulève également des interrogations sur les mécanismes de gestion des urgences médicales en milieu carcéral ainsi que sur les conditions de détention préventive des personnes présentant une vulnérabilité médicale.

Au lendemain de ce drame, l’émotion reste vive au sein de la famille du défunt, de ses proches et d’une partie de l’opinion, qui attend désormais que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à ce décès.

AAS