L’organisation Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) affirme avoir touché plus de 9,3 millions de personnes à travers une campagne de sensibilisation consacrée aux disparitions forcées et aux graves violations des droits humains en Guinée. Dans un communiqué publié ce mercredi, le mouvement appelle les autorités guinéennes à faire toute la lumière sur plusieurs cas de disparitions et annonce la tenue d’une table ronde internationale le 9 juillet 2026 à Dakar, au Sénégal.

Selon TLP-Guinée, cette campagne de mémoire, de mobilisation et de plaidoyer, menée du 1er au 30 juin 2026 sur sa page Facebook, visait à attirer l’attention de l’opinion publique sur le sort de plusieurs personnes dont les proches sont toujours sans nouvelles.

L’organisation cite notamment les cas d’Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et de Mamadou Billo Bah, coordinateur de TLP-Guinée, tous deux portés disparus depuis le 9 juillet 2024. Elle évoque également les disparitions du journaliste d’investigation Habib Marouane Camara, de Nènè Oussou Diallo, cadre de l’UFDG, ainsi que celles de Robert Kamano (15 ans), Mohamed Camara (15 ans), Elhadj Adama Keita (76 ans) et d’autres citoyens dont les dossiers, selon l’organisation, restent sans réponse judiciaire.

Dans son communiqué, TLP-Guinée annonce que la Table ronde internationale de Dakar, prévue le 9 juillet 2026, réunira des organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest, des chercheurs et des partenaires internationaux. Cette rencontre, explique le mouvement, permettra de présenter les cas documentés, d’interpeller les partenaires de la Guinée et de saisir les mécanismes régionaux et internationaux compétents en matière de protection des droits humains.

Pour TLP-Guinée, les disparitions forcées ne constituent pas des faits isolés mais relèvent d’un phénomène nécessitant une réponse collective et coordonnée.

L’organisation appelle par ailleurs le Gouvernement guinéen à communiquer sur l’état des enquêtes ouvertes, à rompre le silence sur ces dossiers et à coopérer avec les mécanismes du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ainsi que de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).

Enfin, TLP-Guinée invite plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, l’Union africaine, la CEDEAO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que les États entretenant des relations avec la Guinée, à faire de la lutte contre l’impunité une priorité dans leur dialogue politique et dans le cadre des financements publics destinés au pays.

AAS