La Guinée franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son appareil de défense. Avec la pose de la première pierre de l’École de Guerre, les autorités lancent un projet structurant destiné à renforcer les capacités nationales de formation des officiers supérieurs et à consolider l’autonomie stratégique du pays. Décidée par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, cette infrastructure d’envergure, dont les travaux ont été officiellement lancés le vendredi 26 juin 2026, ambitionne de doter la Guinée d’une institution d’excellence pour la formation de l’élite militaire, soixante-sept ans après la création de l’armée guinéenne.
Une infrastructure pensée pour une formation d’excellence
Le futur complexe s’articulera autour de trois compartiments complémentaires. Le premier sera consacré aux espaces de vie et de soutien. Il comprendra un réfectoire, une infirmerie ainsi qu’un bloc de dortoirs, offrant aux futurs auditeurs un cadre de vie adapté aux exigences d’une formation militaire de haut niveau.
Le deuxième compartiment sera dédié à l’accueil et à la représentation. Il abritera un hall d’accueil et un amphithéâtre destiné aux conférences, aux échanges stratégiques et aux activités académiques.
Le troisième compartiment constituera le cœur administratif et pédagogique de l’établissement. Il regroupera un bloc administratif ainsi qu’un bâtiment d’enseignement de trois niveaux, capable d’accueillir jusqu’à 500 élèves répartis dans six salles de classe. Au total, l’infrastructure couvrira près de 4 880 m² sur une superficie globale de 5 575 m².
Un maillon essentiel de la réforme de la défense
Selon le ministère de la Défense nationale, ce projet s’inscrit dans la dynamique de réforme du secteur de la défense et de la sécurité engagée depuis le 5 septembre 2021. L’objectif est d’adapter l’armée guinéenne aux défis sécuritaires contemporains en investissant durablement dans le capital humain. Pour le Général David Haba, directeur de cabinet du ministère de la Défense, cette réalisation « traduit la volonté du Président Mamadi Doumbouya de faire de notre armée une institution de défense forte, capable de bien répondre aux préoccupations sécuritaires contemporaines ».
Jusqu’à présent, la chaîne de formation militaire s’arrêtait au diplôme d’enseignement militaire supérieur du premier degré, délivré par l’École d’état-major. Les officiers guinéens devaient ensuite concourir pour obtenir de rares places dans des écoles étrangères afin de poursuivre leur cursus. La création de cette École de Guerre vient ainsi combler ce vide en offrant une formation du second degré sur le territoire national, tout en réduisant les coûts liés aux formations à l’étranger.
Former des stratèges au service de l’État
Pour le département de la Défense, l’ambition de cette nouvelle institution dépasse largement le cadre tactique. En s’appuyant sur la célèbre pensée de Carl von Clausewitz, selon laquelle « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », le Général David Haba souligne que les futurs pensionnaires devront maîtriser les interactions entre les objectifs politiques, stratégiques et militaires. « À l’École de Guerre, on apprendra à penser la guerre plutôt qu’à appliquer mécaniquement des recettes. Les officiers qui seront formés dans cette école seront des spécialistes chargés d’assister le pouvoir politique et le haut commandement militaire dans l’organisation, la planification et la conduite des opérations », a-t-il précisé.
Située dans l’enceinte du Camp Alpha Yaya Diallo, la future École de Guerre sera bâtie sur une emprise globale de 5 575 m², avec une surface couverte de 4 880 m². Les infrastructures ont été conçues pour offrir un cadre d’apprentissage et de vie répondant aux standards internationaux les plus élevés, assure le ministère de la Défense, qui s’engage à veiller au respect des délais d’exécution.
Un rêve de plusieurs décennies devient réalité
À travers cette réalisation, les autorités entendent renforcer l’autonomie stratégique de la Guinée en développant une expertise nationale dans les domaines du commandement, de la gouvernance sécuritaire et de la planification opérationnelle.
Pour de nombreux officiers, ce projet concrétise un rêve nourri depuis plusieurs décennies. C’est le cas de Mamadou Dian Diallo, conseiller à la Présidence de la République : « Ma génération et moi-même avons longtemps rêvé de voir une École de Guerre en République de Guinée. Pendant des années, nous dépendions des écoles militaires des pays amis. Aujourd’hui, ce rêve devient réalité. Cette école permettra de former davantage d’officiers selon les besoins de la Guinée, de réduire les coûts liés aux formations à l’étranger et, demain, d’accueillir à notre tour des stagiaires venus de pays partenaires. »
Présidant la cérémonie au nom du Chef de l’État, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a salué une réalisation qui illustre la volonté des autorités de bâtir une armée républicaine, professionnelle et moderne. Il a également formulé des prières pour la paix, la stabilité du pays ainsi que pour le succès des forces de défense et de sécurité dans leur mission de protection de l’intégrité territoriale.
Un investissement dans l’avenir de la défense nationale
Bien plus qu’un simple chantier d’infrastructures, cette École de Guerre symbolise l’investissement de la Guinée dans l’intelligence stratégique, la promotion de ses élites militaires et le renforcement durable de sa gouvernance sécuritaire. Elle ouvre une nouvelle étape dans la modernisation des institutions de défense, avec l’ambition de doter le pays d’une armée toujours plus performante, autonome et capable de relever les défis sécuritaires du XXIᵉ siècle.
AAS




