Le procès de l’affaire qui oppose l’artiste Manden Fodé, alias « Art Man », à Mariama Siré Kaba, connue sous le sobriquet de « La Lionne », s’est ouvert ce lundi 23 juin 2026 au tribunal de première instance de Kankan dans une ambiance inhabituelle marquée par une forte mobilisation des fans de l’artiste devant le palais de justice. Après plusieurs heures de débats entre les parties au procès, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 30 juin prochain pour les plaidoiries et réquisitions.

Très attendu par les sympathisants des deux protagonistes, le procès opposant l’artiste Manden Fodé, plus connu sous le nom d’« Art Man », à Mariama Siré Kaba dite « La Lionne », a effectivement démarré ce lundi au tribunal de première instance de Kankan.
La première audience a été marquée par une forte affluence aux abords du tribunal, où de nombreux admirateurs de l’artiste se sont mobilisés dès les premières heures de la matinée. À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 30 juin 2026 pour les plaidoiries des parties et les réquisitions du ministère public.
À la sortie de l’audience, le procureur près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, s’est félicité du déroulement des débats. Il a expliqué que le ministère public avait sollicité le renvoi du dossier afin de disposer du temps nécessaire pour les réquisitions et permettre aux avocats de présenter leurs plaidoiries.
Selon le magistrat, le tribunal ne rendra sa décision qu’après avoir entendu l’ensemble des parties concernées. Il a également salué la conduite de l’audience par le juge, estimant que celui-ci avait assuré une distribution équitable de la parole entre toutes les parties, notamment les avocats, le ministère public, les prévenus et la plaignante.
« Notre objectif demeure la manifestation de la vérité judiciaire. Nous attendons donc la prochaine audience du 30 juin, date à laquelle le tribunal rendra sa décision conformément aux éléments qui lui auront été soumis », a déclaré le procureur.
Fodé Bintou Keïta est également revenu sur l’arrestation d’un individu interpellé dans le cadre des incidents enregistrés aux abords du tribunal.
D’après le procureur, l’intéressé est poursuivi pour des faits présumés d’atteinte à l’autorité de la justice, d’entrave à la saisine de la justice ainsi que d’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions. Le magistrat lui reproche notamment d’avoir provoqué les forces de sécurité présentes sur les lieux et d’avoir, par son comportement, porté atteinte à la dignité de l’institution judiciaire.
Toutefois, a-t-il rappelé, le mis en cause bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision de justice intervienne.
De son côté, la défense de l’artiste continue de contester le fondement même des poursuites engagées contre son client. Interrogé après l’audience, Maître Mamady Doumbouya, avocat de Manden Fodé, a qualifié la procédure d’« inutile et infondée ». Selon lui, l’œuvre musicale à l’origine de la plainte ne cite nommément aucune personne et ne vise personne en particulier.
L’avocat soutient que son client s’est contenté d’aborder un fait de société à travers une création artistique destinée à un large public. Il estime que la plaignante s’est personnellement identifiée à certains passages de la chanson sans qu’aucun élément objectif ne permette d’établir qu’elle était visée.
Pour Maître Doumbouya, les débats de l’audience ont démontré l’absence de référence explicite à Mariama Siré Kaba dans l’œuvre incriminée. Il considère que les accusations reposent davantage sur des suppositions et des interprétations personnelles que sur des faits avérés.
L’avocat est allé plus loin en affirmant que cette affaire s’apparente à une forme d’acharnement contre son client. Selon lui, certains chercheraient à nuire à la carrière musicale de l’artiste en l’empêchant de poursuivre sereinement ses activités.
Sauf nouveau rebondissement, les parties se retrouveront donc le 30 juin prochain devant le tribunal de première instance de Kankan pour les plaidoiries et les réquisitions, avant que la juridiction ne rende sa décision dans cette affaire qui continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique locale.
Koumba Solo Camara




