La Guinée franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son appareil décisionnel. À Conakry, le ministère de l’Enseignement supérieur a procédé au lancement officiel du Centre d’expertise en économie et politiques publiques. Porté par la Cité des sciences et de l’innovation, ce nouvel outil ambitionne de renforcer les capacités nationales en analyse économique et d’ancrer les décisions publiques dans des données probantes.

Un outil stratégique au service de la décision publique.
C’est dans un contexte de transformation économique et institutionnelle que la Guinée se dote d’un Centre d’expertise en économie et politiques publiques. La cérémonie, présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dre Diaka Sidibé, a réuni membres du gouvernement, diplomates et partenaires techniques.
Piloté par la Cité des sciences et de l’innovation de Guinée, ce centre vise à former une nouvelle génération d’experts capables d’analyser les données économiques et d’orienter les politiques publiques sur des bases scientifiques solides.
Pour le Directeur général de la Cité, Pr Abdoulaye Baniré Diallo, cette initiative intervient à un moment charnière :
« Notre pays se trouve à un tournant historique. Les enjeux économiques actuels exigent des décisions éclairées, fondées sur des données fiables et des analyses rigoureuses. »
Il insiste sur un changement de paradigme : passer d’une logique de réaction à une culture d’anticipation, grâce à la science et à la donnée. Le centre se veut ainsi un véritable laboratoire capable d’accompagner la transformation des ressources naturelles en capacités productives durables, tout en anticipant les chocs économiques.
Un partenariat public-privé au cœur du dispositif
Le projet repose sur une collaboration étroite entre acteurs publics, académiques et privés. Parmi les partenaires clés figurent Rio Tinto Guinée, l’Institut national de la statistique et l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.
Pour Aboubacar Sidiki Diakité, Directeur général de Rio Tinto Guinée, ce centre représente bien plus qu’une structure académique :
« Sa valeur ne se mesurera pas seulement au nombre de rapports produits, mais à sa capacité à inspirer les décisions, à créer une culture de l’évaluation et à rapprocher la recherche des besoins réels du pays. »
À travers cet engagement, le groupe minier réaffirme sa volonté de contribuer non seulement au développement économique, mais aussi au renforcement du capital humain guinéen.
Vers une souveraineté fondée sur la donnée
Dans son discours d’ouverture, la ministre Dre Diaka Sidibé a souligné la portée stratégique de cette initiative, qu’elle qualifie d’« impératif de souveraineté ».
« L’expertise économique nationale n’est plus un luxe académique, elle est devenue une nécessité stratégique. »
Elle rappelle que ce centre s’inscrit dans la vision du programme Simandou 2040, qui ambitionne de redéfinir la trajectoire économique du pays. L’objectif est clair : doter la Guinée d’outils analytiques capables d’éclairer les choix publics et d’améliorer la qualité de la gouvernance.
Le centre aura également une vocation pédagogique, en enrichissant les programmes universitaires et en intégrant des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle appliquée à l’analyse des politiques publiques.
Un espace de dialogue et d’innovation
Au-delà de la production de connaissances, le Centre d’expertise en économie et politiques publiques se veut un espace de dialogue permanent entre chercheurs, décideurs publics et acteurs du secteur privé.
Il incarne une nouvelle approche de la gouvernance, basée sur la rigueur scientifique, l’indépendance intellectuelle et l’évaluation des politiques publiques.
« C’est notre instrument commun au service de la Guinée que nous voulons prospère, juste et souveraine », a conclu la ministre, en procédant à son lancement officiel.
Un pari sur l’avenir
Avec cette initiative, la Guinée pose les bases d’un écosystème d’analyse et de recherche capable d’accompagner ses ambitions de développement.
Le défi reste désormais de transformer cette plateforme en véritable référence nationale et régionale, capable d’influencer durablement les politiques publiques et de former une élite analytique au service de l’État.
AAS




