Ce lundi 27 avril 2026, un complexe hôtelier de la place a été le théâtre d’un tournant historique pour l’enseignement supérieur guinéen. Sous l’impulsion de la vision présidentielle « Simandou 2040 », la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Dre Diaka Sidibé, a officiellement lancé deux mégaprojets structurants : le MPS-30 et le MPS-32. L’objectif est clair : transformer le capital humain en moteur de la souveraineté économique du pays.

Le constat est sans appel : le marché de l’emploi évolue plus vite que les curricula. Pour corriger cette trajectoire, le gouvernement déploie une stratégie rigoureuse dotée d’un budget de 14,3 milliards GNF. Le projet MPS-30 se concentrera sur l’intelligence du marché à travers une cartographie dynamique des compétences et la création de l’Observatoire National de l’Insertion des Diplômés (ONID). En parallèle, le MPS-32 s’attaquera à la refonte pédagogique avec la révision de 141 programmes et la création de 215 filières spécifiques dédiées au méga-projet Simandou d’ici août 2026.
Lors de son allocution, la ministre a insisté sur la nécessité d’oser l’innovation. « Aujourd’hui, sans risque de me tromper, nous parlons tous d’intelligence artificielle, du numérique, du développement de la data. Il faut qu’on compense notre système en effectuant et en fournissant à de nouveaux métiers, qui forment, qui emploient et qui payent bien. Il s’agit de mettre également en conformité les programmes que nous avons avec les standards internationaux, en s’alignant au système LMD, mais cette fois-ci en prenant en compte le système de crédit. C’est ce qui fait le critère international. »
La rentrée universitaire 2027 verra ainsi l’introduction massive de nouveaux diplômes, notamment les DUT et des programmes d’ingénierie futuristes. La ministre a précisé l’ambition sectorielle « Élaborer des programmes d’ingénieurs futuristes, alignés sur les métiers du futur, à savoir numérique et intelligence artificielle, énergie et environnement, parce que nous devons prendre en compte la transition énergétique dans notre pays… les mines et la géologie, parce que nous parlons aussi d’un mégaprojet, donc nous devons préparer des futurs ingénieurs qui vont travailler dans nos nouvelles raffineries à venir. »
Mamadou Angelo Diallo, délégué général de l’unité d’exécution du programme Simandou 2040, a rappelé que cette transformation est le socle de la vision de Son Excellence le Président Mamadi Doumbouya. « Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est grâce à sa vision audacieuse et patriotique pour la Guinée. En plaçant le Programme Simandou 2040 au sommet des priorités nationales, le Chef de l’État a compris que la richesse souterraine n’a de valeur que si elle est transformée par le génie de nos enfants. Nous lui exprimons notre profonde gratitude pour son leadership éclairé qui fait du capital humain le moteur de notre souveraineté économique. »
Pour réussir ce pari en seulement cinq mois, 51 équipes de travail et 8 comités scientifiques sont déjà mobilisés. Dre Diaka Sidibé a conclu sur une note d’urgence absolue « Le 11 novembre à 11h11, le train de Simandou a déjà sifflé. L’exploitation a débuté. Les chantiers, les méga-chantiers sont en cours. Si nous ne donnons pas une réponse durable au monde universitaire en réformant nos programmes, en nous alignant aux besoins métiers et aux besoins du marché du travail, nous aurons manqué l’histoire et que Dieu nous en garde. »
Thierno Amadou Diallo




