Dans la commune rurale de Djelibakôrô, à une quatre-vingtaine de kilomètres de Kankan, une mobilisation de jeunes a été observée ce mardi 21 avril 2026. En cause : la candidature du président de la délégation spéciale à la prochaine élection communale, vivement contestée par une partie de la population.

Munis de pancartes, les manifestants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une gestion opaque de la municipalité durant les deux dernières années. Ils rejettent toute reconduction des responsables actuels, pointant notamment l’absence de reddition de comptes.

« Ils dirigent la commune depuis deux ans sans jamais présenter de bilan. Nous ne voulons pas de violence, mais nous ne pouvons pas accepter que ceux qui n’ont rien fait soient à nouveau candidats. Les conditions fixées pour les anciens membres des délégations spéciales n’ont pas été respectées ici », a déclaré Mamadi Seiba Keïta, habitant de la localité.

Au-delà de la gestion, la méthode de désignation des candidats est également remise en cause. Des représentants de la jeunesse évoquent un manque de consultation dans l’élaboration des listes électorales.

« La liste proposée ne reflète pas le choix de Djelibakôrô. Elle doit être issue de la population. Nous contestons aussi le coût annoncé des travaux de finition de la commune, estimé à plus de 90 millions GNF, alors que le bâtiment était déjà construit. Sur la mosquée, ce projet vient de la communauté, pas de la délégation. Nous refusons qu’on nous induise en erreur », a indiqué Lasso Keïta, porte-parole du bureau local de la jeunesse.

Joint par nos soins, le président de la délégation spéciale, Fanta Fodé Kouyaté, relativise l’ampleur de la contestation. Il évoque une mobilisation limitée et sans portée significative.

« La situation est calme à Djelibakôrô. Les manifestants ne représentent qu’un petit groupe. J’ai quitté mes fonctions avant de me présenter sous la bannière du GMD. Je ne compte pas répondre à ce que je considère comme une provocation », a-t-il réagi.

Cet épisode met en lumière des tensions locales autour du processus électoral, dans un contexte où les attentes en matière de transparence et de gouvernance restent particulièrement élevées au sein des collectivités.

Par Koumba Solo Camara