La viande est devenue une denrée qui n’est plus à la portée de tout le monde à Kankan. Actuellement, un kilo de viande sans os se négocie jusqu’à 80.000 fg par endroit dans la ville au détriment du prix réel, 60.000 fg alors que même avant la fin du ramadan, cet aliment indispensable pour les citoyens se négociait à 50.000 fg le kilo.
Selon les responsables des bouchers, la raison derrière cette augmentation se cache derrière la décision du gouvernement d’interdire la transhumance entre les pays limitrophes et la Guinée, même s’ils reconnaissent une augmentation fantaisiste de certains bouchers, ils demandent l’ouverture d’un couloir de négociation avec les autorités pour favoriser la rentrée des vaches en provenance du Mali, dit-on.
Le prix de la viande connaît une hausse marquée ces dernières semaines, suscitant l’inquiétude des consommateurs. Le kilogramme de viande sans os, qui se négociait à 50.000 francs guinéens avant la fin du ramadan, est aujourd’hui vendu à 60.000 fg, voire jusqu’à 80.000 fg dans certains points de vente. Face à cette situation, les responsables des bouchers apportent des explications. Selon Boubacar Sow, l’un des principaux responsables du secteur dans la ville, cette augmentation est directement liée à l’interdiction de la transhumance entre la Guinée et les pays voisins. Une décision qui a fortement perturbé l’approvisionnement en bétail.
« Jusqu’au 27e jour du ramadan, le kilo était à 50.000 fg. Mais avec les difficultés actuelles, nous sommes obligés d’augmenter. Avant, nous achetions les vaches à Mandiana, Kérouané ou Siguiri, souvent avec des éleveurs transhumants qui proposaient des prix abordables, parfois même à crédit », explique-t-il.
Désormais, les bouchers doivent se tourner vers le Mali pour s’approvisionner, avec des coûts plus élevés liés notamment aux transactions en franc CFA et aux frais de transport. « Si nous continuons à vendre à 50.000 fg, nous travaillons à perte », insiste-t-il.
Toutefois, les responsables dénoncent également des pratiques abusives au sein même de la profession. Certains bouchers vendent le kilo jusqu’à 70.000 ou 80.000 fg, en violation du prix consensuel fixé à 60.000 fg après une réunion interne tenue après le ramadan.
« Ceux qui vendent à 80.000 fg le font en cachette. Nous demandons aux citoyens de nous signaler ces cas pour que des mesures soient prises », prévient Boubacar Sow.
Pour faire baisser les prix, les bouchers plaident pour l’ouverture d’un dialogue avec les autorités. Leur principale revendication est la reprise contrôlée de la transhumance, notamment l’entrée de bétail en provenance du Mali.
Selon eux, cette mesure permettrait de stabiliser le marché et de rendre la viande plus accessible. « Si les autorités acceptent l’arrivée des vaches étrangères, nous pourrons revoir le prix à la baisse, jusqu’à 40.000 fg le kilo », assure-t-il.
En attendant une éventuelle solution, la viande reste un produit de plus en plus difficile d’accès pour de nombreux ménages à Kankan.
De Kankan, Koumba solo Camara




