Une nouvelle orientation se dessine dans la politique d’assainissement en Guinée. Réuni ce mercredi 8 avril 2026 avec la Direction générale de la société Électricité de Guinée (EDG), le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a posé les bases d’un mécanisme de financement durable de la gestion des déchets solides.
Au cœur des échanges : l’introduction d’une ligne dédiée à l’assainissement sur les factures d’électricité. Une approche présentée comme structurante, visant à garantir des ressources régulières pour un secteur confronté à des difficultés récurrentes de financement.

Selon les termes évoqués lors de cette rencontre, « l’objectif est clair : mettre en place un mécanisme pérenne de financement de la gestion des déchets solides, à travers l’intégration d’une ligne dédiée à l’assainissement sur la facture d’électricité ».
Un principe de contribution élargi
Le dispositif envisagé repose sur un principe de participation directe des usagers aux efforts d’assainissement. « Chaque consommation d’électricité contribue directement à la propreté de la ville et à la modernisation du système de gestion des déchets », a-t-il été souligné au cours des discussions.
Ce choix s’inscrit dans une logique déjà éprouvée dans plusieurs pays, où les services essentiels servent de levier pour financer durablement la gestion urbaine.
Vers un alignement des services publics
Au-delà de la collaboration avec EDG, les autorités entendent élargir cette dynamique à d’autres acteurs stratégiques, notamment la Société des Eaux de Guinée (SEG). L’objectif affiché est de structurer un cadre cohérent entre les grandes entreprises publiques afin de sécuriser des financements continus.
Cet alignement est présenté comme déterminant pour transformer en profondeur le secteur. Il doit permettre de « structurer une filière moderne des déchets, attirer des investissements et permettre, à terme, l’installation d’unités de transformation robustes et à grande échelle ».
Gouvernance et transparence en ligne de mire
Les échanges ont également porté sur les modalités concrètes de mise en œuvre du dispositif. Trois axes ont été identifiés : la définition des mécanismes de contribution, l’élaboration d’un cadre technique et administratif fiable, et la mise en place d’indicateurs de suivi.
Ces éléments doivent garantir la crédibilité du système et renforcer la confiance des usagers, dans un contexte où la question de la transparence reste centrale.
Le ministre a insisté sur la portée de cette réforme, estimant qu’elle marque « une évolution majeure : elle sécurise durablement le financement du secteur, elle renforce la gouvernance et la transparence et elle implique directement les citoyens dans la transformation de leur environnement ».
Une réforme aux implications durables
À travers cette initiative, les autorités guinéennes ambitionnent de rompre avec les approches ponctuelles pour installer un modèle économique stable dans la gestion des déchets.
Dans cette perspective, « chaque facture devient ainsi un acte citoyen, contribuant à une ville plus propre, plus saine et plus digne ».

Reste désormais à traduire ces orientations en mécanismes opérationnels, dans un secteur où les attentes demeurent fortes, tant en matière de salubrité que de qualité du cadre de vie.
AOD




