La cérémonie de pose de la première pierre du projet de réhabilitation et d’extension de l’Université de Kindia s’est tenue ce mercredi 25 mars 2026, en présence de nombreuses autorités administratives, éducatives et locales. Cet événement marque une étape majeure dans le processus de modernisation des infrastructures universitaires en Guinée.

La cérémonie a été présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dr Diaka Sidibé, qui a effectué le déplacement pour procéder au lancement officiel des travaux. Dans son intervention, elle a insisté sur l’importance stratégique de ce projet pour l’amélioration des conditions d’apprentissage et le renforcement de la qualité de l’enseignement supérieur.
Elle a rappelé que la majorité des bâtiments du campus, hérités de l’époque coloniale, ne répondent plus aux exigences du système Licence-Master-Doctorat (LMD). Depuis 2019, les effectifs ont connu une hausse de près de 90 %, avec un taux de croissance annuel moyen supérieur à 11 %. Selon les projections, l’université pourrait accueillir plus de 25 000 étudiants à l’horizon 2027. Dans ce contexte, la réhabilitation et l’extension du campus apparaissent comme une nécessité incontournable pour soutenir cette dynamique.
Lancé en 2022, ce projet s’inscrit dans une vision globale de modernisation visant à relever les défis infrastructurels auxquels fait face l’institution. Fondée en 1929, l’Université de Kindia a connu plusieurs mutations majeures : de station fruitière à institut de recherche, puis École nationale d’agriculture, avant de devenir faculté d’agronomie. Elle a été érigée en centre universitaire en 2006, puis en université en 2016.
Pour le recteur, Pr Akoi Mansa Zoumanigui, ce projet va bien au-delà de la construction d’infrastructures.
« Elle n’est pas qu’un geste symbolique. C’est l’acte de naissance d’une nouvelle ambition pour notre université. Ce projet d’extension est la réponse concrète à une équation simple : notre institution grandit, son rayonnement s’étend, et nos infrastructures doivent non seulement suivre, mais anticiper cette dynamique.
Ce n’est pas seulement ériger des murs ou couler du béton, c’est offrir à nos étudiants un cadre de vie et d’apprentissage aux standards internationaux, donner à nos chercheurs les moyens de repousser les frontières du savoir grâce à de nouveaux laboratoires de pointe, et renforcer notre attractivité dans un environnement académique de plus en plus compétitif. »

De son côté, la ministre a détaillé les composantes de cette ambitieuse infrastructure universitaire, conçue pour offrir un cadre moderne d’apprentissage et de recherche.
« Le projet architectural prévoit la construction d’un campus moderne s’étendant sur plus de 17 hectares. Il comprendra notamment des blocs d’études de plus de 7 000 m², 10 laboratoires didactiques, 8 salles informatiques, 4 bibliothèques de proximité, 4 amphithéâtres modernes et plus de 90 salles de cours.
À cela s’ajoutent un bloc de recherche, une bibliothèque centrale d’environ 3 000 m², des espaces d’exposition scientifique ainsi que des infrastructures d’accueil pour les chercheurs. »

Le projet intègre également un bâtiment administratif R+4, une cantine universitaire de plus de 1 000 places, une infirmerie moderne, des infrastructures sportives et des résidences universitaires capables d’accueillir plus de 2 700 étudiants, dont 40 % des places seront réservées aux étudiantes.
« C’est un investissement pour l’avenir », a conclu la ministre.
À terme, l’Université de Kindia, qui compte aujourd’hui plus de 9 000 étudiants, s’apprête à franchir un nouveau cap dans son développement. D’ici deux ans, sa capacité d’accueil sera considérablement renforcée grâce à ce vaste programme de réhabilitation et d’extension.
Moussa Kollet




