La Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de frapper fort contre certains contenus médiatiques jugés dangereux pour la cohésion sociale. Dans une décision rendue publique ce jeudi 12 mars 2026, l’instance de régulation a annoncé la suspension de deux sites d’information en ligne pour diffusion d’images et de propos jugés sensationnalistes et susceptibles d’attiser des tensions à la frontière guinéo-libérienne.

Selon la décision N°005/HAC/P/26, les sites africaturemedia.com et guineesource.com sont suspendus pour une durée de trois mois, ainsi que l’ensemble de leurs réseaux de partage de contenus. La mesure intervient après l’examen par le collège de la HAC de plusieurs publications relayées notamment sur les réseaux sociaux.

D’après l’autorité de régulation, ces plateformes auraient diffusé des images de violences et des contenus sensationnalistes liés à des incidents impliquant des jeunes à la frontière entre la Guinée et le Libéria, dans la préfecture de Guéckédou. Des publications jugées susceptibles d’« inciter à la violence transfrontalière ».

La HAC reproche particulièrement au journaliste Saa Édouard Tinguiano, basé à Guéckédou et affilié au site Africature Media, d’avoir assuré la couverture médiatique de ces incidents avec des images diffusées en direct. Ces contenus auraient ensuite été repris par le site GuineeSource.

Dans la même décision, l’organe de régulation annonce également la suspension pour six mois des journalistes Saa Édouard Tinguiano et Foromo Lamah. La HAC indique que les deux professionnels ne sont pas détenteurs de la carte professionnelle de presse et les accuse d’avoir diffusé des images de violences ayant contribué à attiser les tensions entre jeunes guinéens et libériens.

La décision s’appuie notamment sur les dispositions des articles 42, 53 et 103 de la loi sur la liberté de la presse, ainsi que sur l’article 52 de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la HAC.

Selon le document officiel, la mesure prend effet immédiatement à compter de la date de signature, soit le 12 mars 2026. Elle a été adoptée lors d’une séance plénière extraordinaire du collège de l’institution.

À travers cette décision, la HAC rappelle sa mission de régulation du paysage médiatique guinéen et insiste sur la responsabilité des médias dans le traitement de l’information, particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets sensibles pouvant affecter la stabilité sociale et les relations transfrontalières.

AAS