À Conakry, les acteurs du secteur des archives veulent insuffler une nouvelle dynamique à la gestion documentaire de l’administration publique. Réunis  jeudi à l’initiative du Directeur national des Archives, Saïkou Amadou Diallo, les représentants  des services d’archives des départements ministériels et des secrétariats généraux ont tenu une séance de travail consacrée à l’avenir du système d’archivage en Guinée.

Au cœur des échanges : les défis liés à la conservation des documents administratifs et l’adaptation des pratiques archivistiques aux exigences de l’ère numérique. Les participants ont également partagé leurs expériences afin d’harmoniser les méthodes de gestion documentaire entre les différentes administrations.

Pour plusieurs professionnels du secteur, cette concertation était devenue indispensable face aux difficultés que connaît le domaine des archives dans le pays. « C’était extrêmement nécessaire parce que les archives en Guinée ne sont pas suffisamment valorisées. Les jeunes ne s’y intéressent pas beaucoup et il faut attirer l’attention des décideurs. Un pays sans archives est un pays qui n’existe pas. Il faut que les autorités prennent conscience de l’importance de ce secteur et qu’on lui accorde les moyens nécessaires comme les autres secteurs de l’administration publique », a déclaré Hadja Djiba Fofana, archiviste au ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME.

Même constat du côté des responsables des services documentaires. David Tinguiano, chef du service des ressources documentaires au ministère des Mines et de la Géologie, estime que cette rencontre constitue une étape importante vers la réforme du système d’archivage. « C’est une très bonne opportunité. La question des archives est fondamentale mais le domaine fait face à de nombreux problèmes de gestion. Définir une politique nationale pour valoriser ce secteur est une très bonne chose. Une commission a déjà été mise en place et dans les prochains jours nous allons définir nos priorités ainsi que le fonctionnement du service », a-t-il expliqué.

Au-delà des échanges, la rencontre a permis de dresser un premier état des lieux de la gestion des archives dans plusieurs départements ministériels. Les discussions ont également porté sur la mise en place de commissions techniques chargées d’élaborer les bases d’une future politique nationale des archives, incluant notamment l’archivage numérique et la gestion des données.

Selon le Directeur national des Archives, Saïkou Amadou Diallo, cette initiative vise à poser les jalons d’une réforme en profondeur du système d’archivage en Guinée. « L’objectif de cette rencontre est de planter le décor pour le développement et la mise en œuvre d’une politique nationale de gestion des archives. C’est une instruction que nous avons reçue du ministre secrétaire général de la Présidence. Un état des lieux sera réalisé rapidement afin d’aboutir à cette politique nationale », a-t-il indiqué.

Il précise que cette politique permettra de mieux organiser le cycle de vie des documents administratifs, qui comprend les archives courantes, intermédiaires et définitives. Un cadre qui devrait également corriger les problèmes de transmission et de cohérence constatés entre les différents services et les Archives nationales.

Pour les autorités, cette démarche s’inscrit dans la volonté du Président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, de renforcer la gouvernance administrative et d’assurer une conservation durable de la mémoire institutionnelle du pays.

À l’issue de cette première rencontre, les participants se sont engagés à poursuivre les concertations afin d’aboutir à une stratégie nationale cohérente pour la gestion, la valorisation et la sécurisation des archives publiques en Guinée.

AAS