Conakry, 03 avril 2026 – Le ministère de l’Agriculture a officiellement lancé la campagne agricole 2026–2027 lors d’une conférence de presse à la Villa 6, mobilisant producteurs, acteurs du monde paysan et journalistes autour de l’objectif national : « Nourrir la Guinée avec nos propres ressources ».
Selon Oumar Barry, Secrétaire général du ministère, « le secteur agricole mobilise plus de 64 % de la population et demeure un levier essentiel pour l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la réduction de la pauvreté, ainsi que la croissance économique inclusive, durable et souveraine de la Guinée ».
Les premières données de l’enquête agricole 2025–2026 révèlent une progression notable de la production céréalière. Le riz s’est élevé à 1 640 184 tonnes, soit une hausse de 13,84 % par rapport à la campagne précédente qui avait produit 1 440 669 tonnes. La production de maïs a atteint 756 684 tonnes, enregistrant une augmentation de 33 % par rapport à 569 021 tonnes en 2024–2025. « Ces évolutions positives et significatives ne sont pas le fruit du hasard. Elles résultent de politiques volontaristes, d’investissements ciblés et surtout du travail acharné de nos producteurs », a souligné M. Barry, rendant hommage aux paysans malgré des moyens limités.
Pour la campagne 2026–2027, l’État prévoit d’accompagner 1 500 000 petits producteurs de l’agriculture familiale et 100 agriculteurs champions afin d’accroître la production et la productivité sur l’ensemble du territoire. Dans le détail, 3 000 tonnes de semences de riz seront mobilisées pour valoriser 43 000 hectares avec un rendement attendu de 2 tonnes à l’hectare, tandis que 1 000 tonnes de semences de maïs permettront de mettre en valeur 40 000 hectares avec un rendement de 2,5 tonnes à l’hectare. Les cultures maraîchères bénéficieront de plus de 7 tonnes de semences pour 150 hectares. Le dispositif semencier national est renforcé par la production de semences améliorées par l’IRAG et par l’encadrement technique des producteurs assuré par la DNA, le SENASOL et l’ANPROCA-FE. Les intrants disponibles comprennent 38 900 tonnes d’engrais NPK, 10 000 tonnes d’urée et plus de 780 000 litres d’herbicides.
Le ministère a également mis l’accent sur la relance des filières à haute valeur ajoutée. La production de coton est soutenue avec 2 000 tonnes d’engrais NPK et 50 motoculteurs, dans les préfectures de Kankan, Siguiri, Mandiana, Koundara et Gaoual. La filière huile de palme et hévéa prévoit 18 416 tonnes de latex et 23 220 tonnes de régimes de palme sur 200 hectares de plantations. Pour le maïs, 1 000 hectares sont concernés à Kolenté. Parallèlement, l’État soutient la mécanisation avec la mise à disposition de tracteurs, motoculteurs et moissonneuses-batteuses, et renforce les infrastructures de stockage et de transformation avec 3 360 bâches de séchage, 560 batteuses, 840 vanneuses trieuses, 1 680 balances et 800 kits de transformation du manioc.
L’entrepreneuriat agricole inclusif est également une priorité. Trois cents projets sont portés par des jeunes et 200 par des femmes, tandis que 2 000 jeunes sont insérés dans la production maraîchère sur 500 hectares. Le Guichet Unique de l’Agriculteur assure information et orientation, et la DGTIA assure un suivi stratégique et numérique des activités.
Oumar Barry a conclu en rappelant que cette campagne s’inscrit dans le cadre du Programme Simandou 2040 et la vision du président Mamadi Doumbouya : « Nous avons une vision, des moyens, une stratégie et surtout des femmes et des hommes engagés. La Guinée peut se nourrir elle-même. La Guinée va se nourrir elle-même. La Guinée nourrira ses populations par ses propres ressources. »
Le lancement officiel se poursuivra à partir du 8 avril dans les quatre régions naturelles du pays, avec la plaine rizicole de Koba, à Boffa, comme site principal. La campagne 2026–2027 marque ainsi une étape majeure vers l’autosuffisance alimentaire nationale.
AOD




