À Kindia, le pont reliant les quartiers Kenendé et Abattoir 3 se dégrade dangereusement, au point d’inquiéter sérieusement les populations locales. Sur le terrain, le constat est sans appel : cette infrastructure, autrefois essentielle à la circulation, est aujourd’hui devenue un véritable piège pour ses usagers.

Situé sur un axe stratégique, ce passage est emprunté quotidiennement par des centaines de personnes : élèves, commerçants, conducteurs de motos et automobilistes. Il constitue l’unique lien direct entre les deux quartiers, rendant son état encore plus préoccupant.
À première vue, les signes de détérioration sautent aux yeux. Le béton s’effrite, des fissures profondes traversent la structure et certaines parties inférieures semblent sérieusement endommagées, voire absentes. L’érosion des abords, accentuée par les eaux de ruissellement, fragilise davantage l’ouvrage, surtout à l’approche de la saison des pluies.
Sur place, les habitants expriment une peur grandissante. Pour beaucoup, traverser ce pont relève désormais d’un acte risqué.« Chaque passage est une source d’angoisse. On ne sait pas à quel moment il pourrait céder », confie un responsable local, appelant à une réaction rapide des autorités. Il insiste également sur la nécessité d’interdire le passage des engins lourds, jugés particulièrement dangereux pour une structure déjà affaiblie.

Même son de cloche du côté des acteurs syndicaux, qui dénoncent une situation qui dure depuis trop longtemps. Ils pointent du doigt l’inaction face à un axe pourtant crucial pour la mobilité urbaine, où les embouteillages deviennent de plus en plus fréquents.

Les conducteurs de moto-taxis, très exposés, décrivent un quotidien marqué par la peur. Certains affirment ressentir des mouvements sous leurs roues lors du passage, signe évident de l’instabilité du pont.
Pour les piétons, notamment les élèves et les personnes vulnérables, la traversée est encore plus difficile. Beaucoup préfèrent désormais faire de longs détours pour éviter le danger, au prix d’efforts supplémentaires et de retards. Avec les premières pluies, la situation pourrait rapidement empirer. L’eau, en s’infiltrant dans les fissures, accentue la fragilité de la structure et augmente les risques d’effondrement.

Malgré plusieurs alertes déjà adressées aux autorités locales, les habitants disent ne constater aucune avancée concrète. Face à cette inertie, les appels se multiplient, y compris en direction des plus hautes autorités du pays, pour une intervention d’urgence.
Au-delà de son rôle de simple infrastructure, ce pont représente un lien vital entre deux communautés. Sa dégradation impacte directement les activités économiques, la scolarité des enfants et la vie quotidienne des riverains.
En attendant une éventuelle réhabilitation, les usagers continuent de l’emprunter, contraints de prendre des risques chaque jour. Tous espèrent désormais une réaction rapide pour éviter qu’un drame ne vienne confirmer leurs pires craintes.




