Dans l’effervescence du Palais du Peuple,  mardi 31 mars 2026, les conseillers nationaux ont finalement levé la main pour adopter à l’unanimité le budget de l’année. Un vote qui vient clore une course contre la montre inédite, entamée seulement 48 heures plus tôt après des mois d’attente.

Le retard était dans toutes les têtes. Alors que la loi exigeait une présentation dès la mi-octobre, ce n’est que le 28 mars que le gouvernement a déposé ses dossiers sur les pupitres du CNT. Six mois de décalage qui ont obligé les élus à une véritable prouesse : disséquer en deux jours seulement des dizaines de milliers de milliards de dépenses et de recettes.

Pourtant, malgré l’urgence, l’ambiance n’était pas à la récrimination mais au soulagement. Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, est montée à la tribune avec un mélange de fierté et de gratitude. « Nous avons su échanger dans des délais contraignants pour envisager au mieux des mesures et des réformes qui améliorent significativement les conditions de vie de nos citoyens », a-t-elle déclaré, saluant le « patriotisme » et le « sens remarquable du devoir » de conseillers nationaux qui n’ont pas compté leurs heures.

Les chiffres, eux, racontent une ambition nouvelle. Le budget 2026 voit les recettes s’envoler de plus de 27%, passant de 43 960 à 55 858 milliards de GNF. Pour la ministre, cette manne financière n’est pas qu’une statistique, c’est le carburant du programme « Simandou 2040 », ce rêve de transformation nationale qui commence aujourd’hui à se chiffrer en projets concrets. Elle a notamment mis en avant le passage à la « budgétisation par programme » pour onze ministères, une petite révolution administrative destinée à s’assurer que chaque franc dépensé ait un impact réel sur le terrain.

En quittant l’hémicycle, la ministre a voulu voir dans cette adoption tardive mais unanime le symbole d’une nation qui se reconstruit. « Le Conseil National de la Transition est aujourd’hui une institution qui inspire », a-t-elle conclu, avant de souligner que la reconstruction de la Guinée se poursuit « patiemment mais profondément ». Derrière la froideur des tableaux financiers, c’est bien le moteur d’une nouvelle ère économique que le gouvernement vient de lancer, avec l’espoir que ces milliards se traduisent enfin en bien-être pour chaque Guinéen.

Thierno Amadou Diallo