Conakry se positionne comme un carrefour stratégique de réflexion sur l’avenir économique régional. La capitale guinéenne abrite un séminaire national d’envergure consacré au droit de la concurrence, à l’initiative de l’Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO (ARCC), en collaboration avec l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et l’Union européenne, dans le cadre du programme PACoSPro.

La rencontre a connu une forte mobilisation d’acteurs venus d’horizons divers : représentants de l’administration publique, opérateurs économiques et membres de la société civile ont répondu présents à ce rendez-vous qui se veut décisif. Tous partagent une même ambition : mieux comprendre les règles du jeu économique afin de bâtir un environnement des affaires plus sain et plus équilibré.

Durant trois jours, les échanges s’articulent autour des mécanismes de régulation des marchés, des dispositifs juridiques existants et du rôle des institutions chargées de veiller au respect de la concurrence. L’objectif est clair : faire émerger en Guinée une véritable culture de la concurrence, fondée sur la transparence et l’équité.

Une dynamique régionale assumée

À l’ouverture des travaux, le Directeur exécutif de l’ARCC, Siméon Koffi, s’exprimant au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a insisté sur la nécessité de consolider les bases d’un marché régional compétitif. Il a mis en avant l’importance du programme PACoSPro, fruit d’un partenariat entre la CEDEAO, l’UEMOA et l’Union européenne, pour accompagner les États membres dans le renforcement de leurs capacités en matière de concurrence.

La Guinée face à ses défis et ses ambitions

Prenant la parole au nom du gouvernement, la ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, Fatima Camara, a livré un message sans détour. Elle a rappelé que la transformation économique engagée par la Guinée sous l’impulsion du Président Mamadi Doumbouya et la coordination du Premier ministre Amadou Oury Bah repose sur un principe essentiel : « sans règles équitables, il ne peut y avoir de développement durable. »

Dans une intervention à la fois réaliste et volontariste, la ministre a défendu une vision stratégique de la concurrence, non pas comme une contrainte, mais comme un moteur de croissance, d’innovation et de protection des consommateurs.

Elle a toutefois reconnu un défi de taille : l’absence actuelle d’une autorité nationale dédiée à la régulation de la concurrence. Mais pour elle, cette situation ouvre une opportunité unique de construire un modèle adapté aux réalités guinéennes, en s’appuyant sur les expériences régionales.

Vers un cadre économique plus structuré

Au fil des discussions, plusieurs interrogations majeures ont été soulevées : quel cadre institutionnel mettre en place ? Quelles priorités définir pour garantir une concurrence saine ? Et comment assurer une mise en œuvre efficace des réformes ?

Ce séminaire apparaît ainsi comme un véritable laboratoire d’idées, où se dessinent les contours d’une gouvernance économique plus moderne et plus inclusive.

Au-delà des enjeux nationaux, cette initiative traduit également une volonté commune des partenaires régionaux et internationaux d’accompagner les pays ouest-africains vers des économies plus ouvertes et mieux intégrées.

Un appel à l’action collective

En clôture de son intervention, la ministre Fatima Camara a lancé un appel fort à la responsabilité partagée. Elle a invité l’ensemble des acteurs pouvoirs publics, secteur privé, partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile  à unir leurs efforts pour bâtir un climat des affaires crédible et durable.

« Le moment est venu d’avancer », a-t-elle martelé, donnant ainsi le ton de ces trois jours d’échanges qui pourraient marquer un tournant décisif pour la régulation économique en Guinée.

À travers cette rencontre, Conakry envoie un signal fort : celui d’un pays engagé dans la construction d’un marché plus juste, capable de soutenir une croissance durable et de renforcer son intégration dans l’espace ouest-africain.

AAS