Quarante-deux ans après la disparition de Ahmed Sékou Touré, le débat sur la valorisation de sa mémoire refait surface en Guinée. Ce jeudi 26 mars 2026, date marquant l’anniversaire de sa mort, une voix s’élève depuis Kindia pour appeler à une reconnaissance nationale de cette journée.

Lors d’un entretien que nous avons réalisé, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kindia, Elhadj Django Cissé, a livré une lecture engagée de cet héritage historique, plaidant pour une commémoration officielle à l’échelle du pays.

Figure majeure du panafricanisme et artisan de l’indépendance acquise le 28 septembre 1958, Ahmed Sékou Touré s’est éteint le 26 mars 1984 à Cleveland, aux États-Unis. Pour Django Cissé, cette date reste encore insuffisamment valorisée dans la mémoire collective nationale. « Cette journée devrait être pleinement reconnue et célébrée par tous les Guinéens. Elle marque la perte d’un homme qui a profondément façonné l’histoire de notre nation », a-t-il souligné.

Dans son analyse, le responsable communal insiste sur la nécessité de transmettre cet héritage aux jeunes générations, qu’il estime parfois déconnectées des grandes pages de l’histoire nationale. Selon lui, la Guinée a connu, sous le premier président, un moment charnière qui a orienté durablement son destin.

Il rappelle également le rôle joué par Ahmed Sékou Touré au-delà des frontières guinéennes, notamment dans le soutien aux luttes de libération sur le continent africain, ainsi que son engagement en faveur de l’unité nationale et de la souveraineté.

Allant plus loin, Django Cissé propose que le 26 mars soit consacré au recueillement national. Il suggère même que cette journée soit déclarée non ouvrable, afin de permettre aux citoyens de rendre hommage à l’ancien chef de l’État.

« Le peuple guinéen devrait pouvoir se souvenir et prier pour lui. C’est une manière de préserver notre mémoire collective, surtout dans un contexte où l’enseignement de notre histoire reste insuffisant », a-t-il ajouté, évoquant notamment les prières organisées à la mosquée Fayçal en guise de souvenir.

Enfin, le président de la délégation spéciale de Kindia a rappelé que plusieurs nations ont su transformer les périodes complexes de leur histoire en leviers de construction, appelant ainsi la Guinée à mieux assumer et valoriser son passé pour éclairer son avenir.

Moussa Kollet