L’atelier de formation sur les techniques rédactionnelles de la « Nouvelle », organisé par l’Association des Écrivains de Guinée (AEG), a tiré sa révérence ce mercredi à Conakry. Durant deux jours, sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et en partenariat avec le Centre de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC), vingt-cinq participants ont été outillés pour donner un nouveau souffle à la production littéraire nationale.
Cette clôture a été marquée par un sentiment de gratitude et de renouveau. Prenant la parole, le président de l’AEG, Fadama Yitala Kourouma, a tenu à saluer le professionnalisme du formateur Soussoy Débène avant de rendre un hommage vibrant au Directeur général du CELPAC, Bernard Béavogui. Ce dernier, véritable « porte d’entrée » auprès du ministère de la Culture, a été le pivot permettant la concrétisation de cet atelier soutenu par l’OIF. Le président Kourouma a rappelé l’importance historique de l’événement « L’histoire retiendra que c’est à votre temps, avec notre mandature, qu’il y a eu pour la première fois en Guinée l’organisation d’un atelier d’écriture sur un genre littéraire spécifique, la nouvelle. » Il a également profité de l’occasion pour adresser un message aux futurs auteurs présents « Nous prions Dieu qu’il vous donne la force, l’intelligence et le temps nécessaire pour être effectivement des auteurs. »
Le porte-parole des participants, le journaliste et écrivain Habib Yimbering Diallo, a exprimé la reconnaissance des stagiaires tout en soulignant le vide technique que cette formation vient combler. Pour lui, la passion ne suffit plus, il faut la méthode « Bon nombre d’entre nous ont écrit parce qu’ils sont passionnés, mais sans un support comme celui que nous venons d’obtenir. Cette formation va nous permettre, dorénavant, de répondre aux critères exigés par le genre. » Il a également lancé un appel à la production et à l’audace créative « Il faut oser, il faut écrire, il faut montrer et forcément, un jour, on trouvera le chemin. » Dans une définition engagée, il a rappelé que les véritables intellectuels sont d’abord les créateurs, écrivains, dramaturges, cinéastes et encourageant ses confrères à devenir des auteurs de référence.
En prononçant les mots de clôture au nom du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Bernard Béavogui, directeur général du CELPAC et lui-même auteur prolifique, a partagé des nouvelles porteuses d’espoir pour le monde du livre. Il a notamment annoncé la révision historique de la convention avec l’OIF, datant de 1994, qui va voir le soutien financier à la lecture publique passer de 100 millions à 5 milliards de francs guinéens. « La Guinée est grande, mais la Guinée exige de nous de la grandeur », a-t-il affirmé, déplorant l’état de certaines bibliothèques tout en saluant la volonté politique actuelle.
Béavogui a également rappelé l’existence du Grand Prix Littéraire du Président de la République, doté de 500 millions de francs guinéens, une récompense majeure en Afrique de l’Ouest illustrant le nouveau statut du chef de l’État comme « protecteur des arts et des lettres ».
En conclusion, il a exhorté les participants à ne pas s’arrêter à ce seul atelier « Ne prenez pas cet atelier comme une fin en soi. Il faut que vous continuiez à vous documenter pour être vraiment les meilleurs écrivains. » C’est sur cette note d’exigence et d’ambition que s’est refermée cette première session, ouvrant la voie à une nouvelle ère pour la plume guinéenne.
Thierno Amadou Diallo




