Face à une crise sans précédent au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’organisation régionale sort l’artillerie diplomatique lourde. Selon une note d’information transmise par M. Beni Diogo Ladji Kouyaté, Conseiller national chargé des Affaires étrangères du PEDN, une décision stratégique majeure vient d’être actée : la nomination de Lansana Kouyaté en qualité de Négociateur en chef auprès du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Cette désignation intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par le retrait officiel de ces trois États sahéliens de la CEDEAO, une décision qui a profondément secoué les équilibres régionaux.

Validée par l’Autorité des Chefs d’État et de Gouvernement, cette initiative traduit la volonté claire de l’organisation de maintenir le dialogue à tout prix. Objectif : éviter une rupture totale et préserver les bases d’une coopération régionale, malgré les divergences persistantes.

Fort de son expérience à la tête de la CEDEAO entre 2002 et 2007, Lansana Kouyaté aura la lourde mission de renouer les fils du dialogue. Il devra conduire des discussions inclusives et proposer des pistes de sortie de crise face aux défis sécuritaires, politiques et économiques qui fragilisent le Sahel.

Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger s’inscrit dans un climat de défiance, ces pays dénonçant notamment la gestion des crises sécuritaires et les sanctions imposées par l’organisation sous-régionale.

Avec cette nomination, la CEDEAO tente de désamorcer une fracture durable. En toile de fond : la lutte contre le terrorisme, la stabilité des frontières et la nécessité d’une réponse collective aux crises régionales.

Désormais, tous les regards sont tournés vers les premières initiatives du négociateur en chef, dont la mission pourrait redessiner les contours des relations entre la CEDEAO et les États du Sahel.

AAS