À l’occasion du mois de mars, dédié à la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, des avocates du barreau de Guinée ont choisi de marquer leur engagement sur le terrain judiciaire. Loin des activités symboliques ou festives, elles mettent leurs compétences au service de justiciables démunis, en leur offrant une assistance juridique gratuite.

Depuis le début du mois, ces professionnelles du droit assurent la défense de personnes en conflit avec la loi, souvent privées d’accompagnement juridique faute de moyens. Une situation qui, dans certains cas, prolonge leur détention sans que leurs dossiers ne soient examinés dans des délais raisonnables.
Au tribunal de première instance de Dixinn, plusieurs accusés poursuivis pour des faits criminels bénéficient actuellement de cette initiative. Parmi les avocates engagées, Maître Halimatou Barry et ses consœurs renouvellent une action déjà menée l’année précédente, avec pour objectif de faciliter l’accès à la justice pour les plus vulnérables.
À la sortie d’une audience, Maître Murielle Houesse Houindo a dressé un état des lieux du fonctionnement des audiences criminelles. Selon elle, sur une dizaine de dossiers inscrits au rôle, seuls quelques-uns peuvent être examinés en raison de leur complexité. Elle rappelle également que le droit à un procès équitable, dans des délais raisonnables, reste un principe fondamental consacré par le code de procédure pénale.
« En matière criminelle, on ne peut pas juger un accusé sans avocat. Or, rares sont ceux qui ont les moyens de s’en offrir un. C’est pour cela que nous avons décidé de mettre à profit ce mois de mars pour accompagner ces personnes et leur permettre d’être situées sur leur sort », explique-t-elle.

L’initiative accorde une attention particulière aux dossiers impliquant des femmes détenues, certaines étant encore en attente de jugement. Sur plusieurs affaires enrôlées, une proportion importante concerne des femmes, que les avocates disent traiter en priorité.
Outre Dixinn, les juridictions de Mafanco, Kaloum ainsi que le tribunal pour enfants sont également concernées par cette mobilisation. Plusieurs dossiers déjà plaidés ont été mis en délibéré, avec des décisions attendues dans les prochains jours.
Pour Maître Halimatou Barry, à l’origine de cette action, l’objectif est clair : contribuer à désengorger les rôles des juridictions tout en garantissant une meilleure prise en charge des justiciables sans défense.

Dans un contexte où l’accès à un avocat demeure limité pour une partie de la population, cette initiative met en lumière les défis persistants du système judiciaire guinéen, tout en illustrant une forme d’engagement professionnel au service de l’intérêt public.
AAS




